Les surveillants pénitentiaires de la maison d'arrêt de La Roche-sur-Yon sont en colère. Ce lundi, environ une dizaine d'entre eux ont manifesté devant l'établissement à l'appel de l'Union fédérale autonome pénitentiaire (UFAP). Cette mobilisation vise à dénoncer la surpopulation carcérale chronique et les insuffisances en effectifs.
David Rautureau, délégué de l'UFAP UNSA, explique : « Le problème ici est ancien. Nous avons toujours été confrontés à une surpopulation pénale. Actuellement, un côté de la prison est en travaux, ce qui réduit le nombre de places disponibles à seulement 36, tandis que nous devons gérer 45 détenus. Nous avons déjà neuf matelas posés au sol. » Ces travaux, liés à la vétusté des installations, ne devraient être terminés qu'à l'automne, mais la situation va continuer à empirer avec une prévision de 20 à 25 matelas au sol d'ici quelques mois, selon Rautureau.
Les surveillants s'inquiètent également de la baisse d'effectifs. Actuellement, 24 surveillants seraient nécessaires pour faire fonctionner l'établissement correctement. Cependant, suite à des départs à la retraite, le nombre pourrait tomber à 18 d'ici l'été 2026, rendant la gestion quotidienne encore plus difficile, avec des heures supplémentaires à la clé. « Cela met à mal notre capacité d'agir efficacement et de maintenir un environnement sûr, » ajoute-t-il.
Sébastien, un autre surveillant, confirme les défis quotidiens : « Dans une cellule de 9 mètres carrés, nous avons désormais deux lits alors qu'auparavant il y en avait trois. Résultat, nous sommes contraints de coucher des détenus sur des matelas au sol, ce qui complique considérablement notre travail. »
Face à cette dénonciation, un projet de loi visant à réduire la surpopulation carcérale est en préparation. Celui-ci vise à interdire l'utilisation de matelas au sol en raison d'un nombre insuffisant de lits, un problème qui touche environ 7.000 détenus selon des rapports récents. Toutefois, aucune date n'a été avancée pour son dépôt et son examen.
La situation à La Roche-sur-Yon s'inscrit dans un contexte plus large de crise dans le système pénitentiaire français, comme l'a récemment rapporté France 3. Les syndicats appellent à des mesures immédiates pour remédier à ces problématiques structurelles, afin de garantir la sécurité des surveillants et des détenus.







