Sans refuge dans les Deux-Sèvres, la protection animale se joue au domicile des bénévoles. La Société Protectrice des Animaux (SPA) de cette région est la seule en France à ne pas posséder de structure dédiée pour accueillir les animaux. Alors que le nombre d'animaux abandonnés devrait augmenter de 10% entre 2023 et 2025, des dizaines de bénévoles s'organisent pour offrir un foyer temporaire à ces compagnons sans défense. Selon des données rapportées par le Journal de Niort, la situation devient de plus en plus critique.
Parmi ces bénévoles, Gwenaëlle, une habitante de Saint-Etienne-la-Cigogne, se consacre à l'accueil d'animaux en détresse. Depuis 2017, elle héberge actuellement neuf chats, une chienne, et un lapin dans sa maison, consacrant jusqu'à 25 heures par semaine à leur soin. "J'y passe trois heures par jour, car chaque animal a besoin d'amour et d'attention", explique-t-elle. Tous les besoins alimentaires et de soins vétérinaires sont pris en charge par la SPA, témoignant de son engagement indéfectible.
Malheureusement, la mobilisation des bénévoles n'est pas suffisante. Selon Elise Monnet, responsable de la SPA de Niort, le besoin dépasse largement l'offre : "Nous sommes obligés d'orienter certains animaux vers des refuges des départements voisins, comme la Vendée ou la Loire-Atlantique, car notre capacité d'accueil est limitée".
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2025, 272 animaux ont été pris en charge, mais seulement 14 chiens et 74 chats ont trouvé une nouvelle famille. La SPA des Deux-Sèvres n'a pas perdu espoir et travaille actuellement sur des projets de réinstallation d'un refuge, mais la route est encore longue.
Cette situation appelle à une prise de conscience et à l'action des citoyens. Comme l'affirme Elise Monnet : "Nous devons faire face à des défis de taille, mais chaque geste compte. Il est vital d'encourager l'adoption et d'éduquer les futurs propriétaires d'animaux sur les vrais besoins de ces compagnons à quatre pattes".
En attendant, le courage et la compassion des familles d'accueil demeurent un phare d'espoir pour ces âmes en peine. Dans un contexte difficile, les Deux-Sèvres continuent de briller grâce à l'engagement de ses bénévoles.







