La 44ème édition du marathon de Nantes se prépare ce week-end avec plus de 23 000 coureurs inscrits, mais un événement marquant se déroule également en toile de fond. Dans cette ville riche en histoire, se tisse une connexion inattendue entre les descendants d'esclaves et ceux d'armateurs négriers.
"Je suis Pierre Guillon de Princé, descendant d'armateurs négriers nantais du XVIIIe siècle ","C'était du passé, une anecdote dans mon arbre généalogique,"
Le regard de Pierre a évolué au fil du temps, en particulier après une conversation avec ses enfants. "Mon aîné a exprimé sa honte à l'idée d'apprendre notre histoire,"
Cette quête l’a conduit au Mémorial de l'abolition de l'esclavage, où il partage l'histoire de ses ancêtres avec d'autres. "Je me sens en retrait vis-à-vis de mes frères et sœurs – ils ne partagent pas forcément cet engagement, mais je suis déterminé à poursuivre ce chemin. "
Une rencontre qui change tout
En 2021, Pierre croise le chemin de Dieudonné Boutrin, un descendant d'esclaves. "Quand je l'ai rencontré, j'étais aux anges. C'était une chance unique de me connecter avec un descendant d'esclavagiste. Nous sommes devenus inséparables,"
De cette amitié authentique est né le Mât de la Fraternité, un monument de 18 mètres érigé pour rappeler les horreurs d'un passé esclavagiste tout en offrant une perspective d'espoir. "Le mât représente symboliquement la vigie pour l’avenir,"
Responsabilité, mais pas culpabilité
Situé à l'emplacement de l'ancien port négrier, le mât a été inauguré récemment, et Pierre a pris le temps de s'excuser pour l'héritage de ses ancêtres, tout en clarifiant : "Je ne peux demander pardon car cela impliquerait une culpabilité que je ne ressens pas, mais je reconnais ma responsabilité morale vis-à-vis du passé."
Dans un geste significatif de réconciliation, il a également offert 5 000 euros à l'association Haïti Futur, un acte symbolique résumant son engagement envers un avenir meilleur pour tous.
Au pied de cette structure marquante, l'article 1er de la Déclaration des droits de l'homme est inscrit, rappelant que "tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits", fermant ainsi la boucle d'une histoire complexe qui ne fait que commencer à se narrer.







