L'hôpital du Mans a récemment intégré un robot de pointe, le P1000, afin d'affiner la détection des cancers. Depuis le 24 mars, cette machine effectue des analyses sur des centaines d'échantillons de tissus humains chaque jour. Ce service, qui diagnostique près de 3600 cancers annuellement, bénéficie d'un investissement conséquent de 1,15 million d'euros, principalement soutenu par l'Agence régionale de santé (660 000 €), Le Mans Métropole (250 000 €) et la Ligue contre le cancer 72 (200 000 €).
Un diagnostic plus rapide
Pour accueillir ce projet novateur, l'hôpital a aménagé une salle spécifique. À l'intérieur, un bras robotisé, visible à travers une vitre, prélève des lames d'échantillons de tissus et les scanne. Une technicienne du laboratoire a expliqué : "Avec une pince, le bras retire des lames en verre contenant des échantillons et les positionne pour qu'un microscope prenne des photos. Ces images sont ensuite analysées sur un logiciel dédié." L'introduction du P1000 pourrait faciliter le diagnostic de 20 %, permettant aux techniciennes, comme Tana, de gagner jusqu'à deux heures de travail par jour. En automatisant le processus, le risque d'erreurs humaines est également considérablement réduit.
La cheffe de service, Armelle Foulet-Rogé, souligne le bénéfice de ce robot sur la pratique quotidienne des médecins. Avant, les pathologistes étaient obligés de manipuler plusieurs échantillons individuellement, mémorisant chaque lame pour obtenir une vue d'ensemble. Désormais, grâce à la numérisation, toutes les lames peuvent être consultées sur un même écran, facilitant ainsi les comparaisons. "C'est une révolution. J'aurais aimé avoir cet outil plus tôt, car de nombreuses avancées restent à réaliser grâce à cette technologie," confie-t-elle.
La numérisation des échantillons permet non seulement d'améliorer la communication entre les professionnels de santé, mais elle ouvre également la voie à l'utilisation d'intelligences artificielles. Justine Wacquet, pathologiste au CHM, précise que ces outils peuvent identifier des zones potentiellement cancéreuses, offrant ainsi une présélection des échantillons. Toutefois, elle rassure : "Les IA ne remplaceront pas le jugement humain ; chaque prélèvement devra être vérifié par un médecin." Grâce à ces innovations, les médecins seront à même de quantifier et mesurer plus précisément les cellules cancéreuses, menant à des diagnostics adaptés et efficaces pour le suivi des patients.







