Ce jeudi 12 février, l'Assemblée nationale française a voté à l'unanimité une proposition de loi visant à étendre la protection des lanceurs d'alerte liés au narcotrafic. Initiée dans le cadre de la « niche » parlementaire des Écologistes, cette loi a suscité une vive discussion, notamment en raison de l'opposition du gouvernement.
La mesure adoptée inclut l'extension du cadre de protection existant, bénéficiant jusqu'à présent principalement aux victimes, témoins et repentis. Désormais, elle s'appliquera également à ceux qui n'ont pas de liens directs avec des procédures judiciaires, comme l'a rapporté l'Agence France-Presse (AFP).
Le projet a reçu le soutien des députés de gauche, mais a été accueilli avec prudence par le reste de l'hémicycle, qui a exprimé des doutes quant à l'efficacité du dispositif proposé. Nous devons envoyer un message clair aux trafiquants et assurer une protection adéquate à ceux qui osent parler et agir,
a déclaré Sandra Regol, la députée porte-parole de cette initiative.
Des mesures pour garantir la sécurité
Le texte prévoit que les forces de police locales mettent en place des mesures de protection, incluant la possibilité de contact avec un « service national » lorsque la menace est jugée sérieuse. Les protections pourraient varier de l'attribution d'un numéro d'urgence à une protection rapprochée, et même à l'utilisation d'une identité d'emprunt, en fonction de la situation.
Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, s'est montré sceptique, évoquant que même si l'intention est louable, l'État assure déjà une protection suffisante aux personnes véritables menacées. Il a mis en garde contre le risque d'affaiblir les dispositifs existants.
Ce sujet est d'autant plus sensible que l’assassinat récent de Mehdi Kessaci, fils de Ouassila Benhamdi Kessaci, qui lutte contre le narcotrafic, a mis en lumière les dangers auxquels sont confrontés ceux qui s'opposent au trafic. Nous devons dire stop à la criminalité,
a insisté Ouassila, évoquant les menaces persistantes dans son entourage. Son autre fils, Amine, actif dans le parti Les Écologistes, a également été contraint de résister à des menaces lors de ses engagements politiques.
Les débats autour du projet de loi ont révélé des tensions, avec certains députés reprochant au groupe écologiste de chercher davantage à se donner bonne conscience qu'à réellement lutter contre le narcotrafic. Michaël Taverne, du Rassemblement National, a ainsi critiqué la démarche, plaidant pour des moyens renforcés pour les forces de l'ordre.







