Le suspense reste palpable autour de l'adoption du budget 2026. Ce vendredi à Matignon, le Premier ministre Sébastien Lecornu a dévoilé des mesures destinées à convaincre le Parti socialiste de soutenir son projet, en évitant une censure redoutée.
Lecornu a souligné que ce budget serait à la fois "meilleur" et "responsable", bien qu'il n'ait pas précisé la méthode d'adoption — par 49.3 ou ordonnance. Il a acté la difficulté d’un vote à l’Assemblée nationale, une situation alarmante qui a poussé le gouvernement à s'activer pour éviter une crise politique.
Détails clés du budget incluent une promesse de ne pas alourdir la fiscalité des ménages, le maintien de la niche fiscale pour les retraités et une réindexation de l'impôt sur le revenu à l'inflation. Le gouvernement table sur une réduction du déficit public à 5 % du PIB, en espérant que la croissance resterait soutenue.
Lecornu a également mis l'accent sur la jeunesse, annonçant une augmentation de 50 euros de la prime d’activité pour plus de trois millions de ménages. D'autres mesures incluent une aide accrue aux bailleurs sociaux avec 400 millions d’euros de financement supplémentaire et la création de 2000 postes dans l'Éducation nationale, notamment pour les enfants en situation de handicap.
Cependant, certaines promesses demeurent floues. Le Premier ministre n'a pas abordé la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, une demande des socialistes. Pour l'expert en politiques publiques Marie Dupont, "le gouvernement réalise qu'il doit faire des concessions pour obtenir le soutien de l'opposition, mais les avancées sur la fiscalité restent encore insuffisantes".
Le Parti socialiste a réagi en affirmant que, bien que le budget ne soit pas idéal, les avancées sont encourageantes. À l'inverse, Jean-Luc Mélenchon, leader de La France Insoumise, a dénoncé ce qu'il qualifie de "théâtre d'ombres", affirmant que les coupes budgétaires prévues n'intègrent pas les besoins cruciaux des Français.
Avec les débats suspendus, Lecornu a averti qu'un renversement de son gouvernement pourrait entraîner des élections législatives anticipées. Les discussions budgétaires devraient reprendre ce mardi, et le Premier ministre a encore une opportunité de trouver un consensus avec le PS.
Pour le public, la situation est donc tendue : le gouvernement cherche à éviter le recours au 49.3, qui lui permettrait d'adopter le budget sans vote, mais cela pourrait aggraver ses difficultés. Ce scénario pourrait être utilisé jusqu'à trois fois, chaque fois avec un risque de censure. D'un autre côté, une ordonnance serait sans précédent, créant un précédent qui pourrait avoir des conséquences durables pour le processus législatif en France.







