Le Premier ministre Sébastien Lecornu a récemment annoncé une "loi d'urgence agricole" pour répondre aux revendications d'un secteur agricole en crise. Face à des défis tels que l'épidémie de dermatose nodulaire contagieuse et les conséquences du traité du Mercosur, les agriculteurs exigent des assouplissements réglementaires. Cependant, cette initiative n'est pas sans controverses.
Les mesures prévues dans cette loi visent à assouplir les règles sur l'accès à l'eau et le rejet de nitrates, mais provoquent des inquiétudes croissantes parmi les défenseurs de l'environnement. Ces derniers craignent un retour en arrière en matière de protection des écosystèmes et de la santé publique. Comme le souligne le Réseau Action Climat, cette situation pourrait être considérée comme un risque accru pour la santé de la population.
Lecornu a aussi appelé à un moratoire sur les décisions en matière de politique de l'eau jusqu'à la présentation officielle du projet de loi. Il souhaite également libérer des projets hydrauliques agricoles, en mettant un accent particulier sur ceux jugés "à taille humaine". Cela pourrait inclure la construction de méga-bassines, un sujet qui continue de diviser l'opinion publique.
Un autre point de contention concerne les dérogations aux directives européennes sur les nitrates. En attendant la révision, le Premier ministre a demandé aux préfets d'appliquer les contrôles de manière plus flexible. Des experts, comme ceux rapportés par Mediapart, rappellent que la France a déjà été sanctionnée pour ne pas avoir respecté ses engagements en matière de pollution des eaux.
Face à ces exigences, les écologistes demandent au gouvernement non pas de relâcher les normes environnementales, mais plutôt de soutenir les agriculteurs dans leurs efforts d'adaptation aux défis climatiques. Ils estiment que la loi pourrait être un facteur aggravant des tensions, car chaque année, des mobilisations agricoles perturbent la vie publique sur des sujets de fond.
Le texte sera soumis au Conseil des ministres en mars, avant un examen parlementaire. Les opposants le qualifient déjà de "Loi Duplomb 2", évoquant les inquiétudes persistantes concernant l'avenir de l'environnement en France.







