Des dizaines de milliers de manifestants ont envahi les rues de Téhéran et d'autres villes iraniennes jeudi soir, témoignant d'une montée d'opposition au régime des ayatollahs, un événement que certains analystes comparent à la révolte populaire de 2009, à l'époque du Mouvement vert. Des vidéos authentifiées par des médias internationaux montrent de vastes foules appelant au changement, à commencer par le renversement du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, et au retour de Reza Pahlavi, héritier du dernier shah d'Iran.
Selon la BBC, l'ampleur des manifestations rappelle l'énorme mobilisation de 2009, lorsque près de trois millions d'Iraniens étaient sortis dans la rue. Compacte et déterminée, l'assemblée actuelle semble, pour beaucoup, incarner une nouvelle dynamique face à un régime de plus en plus contesté. Au fur et à mesure que la nuit avançait, des actes de violence ont éclaté, des affrontements entre protestataires et forces de l'ordre se sont intensifiés, comme le rapporte le New York Times.
Les coupures d'accès à Internet, imposées par le gouvernement, n'ont pas empêché des milliers d'Iraniens de se mobiliser. Un habitant de Téhéran, Tayeb, décrit la scène comme un rassemblement familial, avec des « hommes, femmes et enfants unis dans leur désir de changement ». En contraste avec les manifestations dispersées des dernières années, celle-ci semble bénéficier d'un large soutien populaire, en dépit des risques.
Au sein de la population, la frustration s'accroît face à la crise économique. Tohid Asadi, correspondant d'Al-Jazeera, souligne que « la pression économique a profondément érodé la confiance du public, principalement parmi les classes populaires ».
Les affrontements ont dégénéré au fil des heures, conduisant à des actes de vandalisme, avec des bâtiments gouvernementaux endommagés et des véhicules incendiés dans plusieurs villes. Dans ce contexte de tension, l’intervention de l’ancien président américain Donald Trump, qui a manifesté son soutien aux manifestants, pourrait également influencer la dynamique de la situation.
La situation reste critique et hypothétiquement explosive. Comme l'indique la Financial Times, « les autorités peinent à répondre à cette vague de manifestations, qui pourrait redéfinir l’avenir politique de l'Iran ».







