Les restaurateurs de Bordeaux prennent les devants pour transformer la place des Capucins. En partenariat avec la mairie, ils vont installer des transats et des chaises, disponibles gratuitement pour les passants. Une initiative estivale qui vise à revitaliser cet espace, alors que la Ville envisage un retour éventuel d'assises permanentes à la rentrée.
Dès le 9 juillet, au lieu habituellement occupé par des chaises fixes, les équipes municipales ont déballé ces nouveaux équipements. Comme le souligne Hélène Jacquet, la maire adjointe de Bordeaux Sud, "nous avons pris en compte un besoin exprimé par la population. L'offre précédente était très limitée, souvent exposée au soleil, laissant peu d'espace pour le repos."
Cette opération marque un changement notable après le retrait, il y a deux mois, des chaises permanentes qui avaient suscité de nombreuses critiques. Les restaurateurs accueillent cette nouvelle avec enthousiasme, percevant les transats comme une opportunité de dynamiser l'atmosphère de ce quartier. "Nous avons obtenu une autorisation d'étendre nos terrasses, et cela nous permet de contribuer à l’animation du lieu", explique un restaurateur local, Baaboura de l'établissement "Ô Capucin".
Un espace public en pleine évolution
Un sujet de controverse subsiste cependant. Olivier Cazaux, ancien adjoint aux affaires sociales devenu conseiller d’opposition, dénonce une forme de privatisation de l'espace public. Il critique le fait que les nouvelles installations limitent les interactions et les activités communautaires. "Cette approche néglige les besoins des habitants et ne laisse pas assez de place pour les rencontres", s'inquiète-t-il.
Les retours des usagers sont divers. Certains accueillent favorablement cette initiative, rappelant l'importance de l'ombre et de l'espace de détente face à la rigueur des aménagements précédents. D'autres, comme la passante Harmonie Lecerf-Meunier, se montrent exaspérés par le comportement de certains restaurateurs qui tentent d'expulser les usagers des nouvelles installations. "C'est surprenant d'entendre de tels propos peu accueillants dans un espace censé être partagé", déplore-t-elle.
Ainsi, le désir municipal de rendre cette place plus agréable cohabite avec des opinions divergentes. La Ville semble convaincue que ces changements mèneront à une meilleure expérience pour tous, mais des inquiétudes persistent quant à l'exclusivité potentielle des nouveaux aménagements.
L'avenir des Capucins devient donc un sujet à suivre de près, avec des implications qui pourraient redéfinir le paysage social et urbain de Bordeaux.







