À partir de ce mardi 2 juin, le Sénat débat de l'actualisation de la loi de programmation militaire 2024-2030 (LPM). Les discussions s'annoncent intenses autour des fonds supplémentaires requis pour les forces armées, les membres de la droite souhaitant 14 milliards d'euros de hausse par rapport aux sommes proposées par le gouvernement.
Dans un contexte international troublé, avec la guerre en Ukraine et des tensions au Moyen-Orient, cette loi établit les orientations et le budget pour les armées françaises, avec 436 milliards d'euros prévus dans les prochaines années, soit un ajout significatif de 36 milliards par rapport à la précédente loi de programmation.
Vers une adoption définitive avant le 14 juillet
Les sénateurs, sous l'impulsion du président de la commission Défense, Cédric Perrin, souhaitent aller plus loin : une augmentation de 14 milliards d'euros pour que la part du budget des armées atteigne 2,7% du PIB d'ici 2030.
Pour l'année 2027, l'effort prévu serait de 6,7 milliards d'euros, ce qui dépasse de 500 millions d'euros l'objectif gouvernemental. Les discussions budgétaires s'annoncent complexes, surtout avec l'élection présidentielle qui approche. Cédric Perrin rappelle l'importance d'aligner ces ressources budgétaires face aux menaces actuelles.
Ce texte, récemment adopté à l'Assemblée nationale, ne donne qu'une vue d'ensemble car les budgets doivent être votés annuellement. De nombreux parlementaires prévoient qu'une nouvelle LPM sera mise en place après les élections, rendant les discussions actuelles quelque peu théoriques.
L'examen en plein air permettra cependant de confronter les visions politiques diverses, tandis que le gouvernement s'oppose à la proposition sénatoriale. "L'équilibre trouvé est le résultat d'arbitrages face à une menace croissante et à la capacité des finances publiques", explique un représentant de l'exécutif, qui soutient le budget initial.
"Notre état d'esprit sera celui de la lucidité" affirme Rachid Temal, qui demande à la droite de justifier le financement de cette augmentation.
Il s'inquiète également pour le modèle social, évoquant l'importance de l'acceptation de cette orientation budgétaire par les citoyens. Les débats continueront mercredi, avec un vote solennel prévu le 9 juin. Les deux chambres devront collaborer ensuite en commission mixte paritaire (CMP) pour parvenir à un consensus avant le 14 juillet.







