Par un décret en date du 15 mai, le président Vladimir Poutine a offert aux résidents de la Transnistrie, région séparatiste de Moldavie, la possibilité d'accéder à la citoyenneté russe via une procédure simplifiée. Cette mesure suscite des craintes tant à Chisinau qu'à Kiev, soulevant des interrogations sur les véritables intentions de la Russie.
Le lundi 18 mai, la Moldavie a pris connaissance de ce nouveau décret dont le contenu stipule que “toutes les personnes âgées de 18 ans résidant sur le territoire de la Transnistrie peuvent, à partir de maintenant, demander la citoyenneté russe par voie simplifiée.”
Les réactions diffèrent profondément entre les deux rives du Dniestr. Selon Europa Libera Moldova, les autorités de Tiraspol applaudissent cette décision, tandis que Chisinau la perçoit comme une menace. De son côté, le président ukrainien Volodymyr Zelensky exprime son inquiétude, dénonçant une manœuvre de la Russie visant à “recruter de nouveaux soldats”, impliquant ainsi le service militaire.
Les experts, comme le quotidien Cotidianul.md, soulignent que cette initiative permet d’accélérer l’accès à la citoyenneté russe, sans respecter les procédures habituelles. Ils préviennent que, dans le passé, la délivrance de la citoyenneté a souvent été suivie de discours militaristes, servant de justifications à des interventions militaires.
La Moldavie sur ses gardes
Cette nouvelle législation a des ramifications géopolitiques majeures, indique Cotidianul.md, rappelant que le conflit ne se limite plus à un problème gelé dans l’espace postsoviétique et que la Transnistrie redevient un enjeu stratégique à l’heure où les tensions entre la Russie et l’Occident s'intensifient.
Face à cette situation délicate, le gouvernement moldave adopte de nouvelles mesures pour limiter l’autonomie de cette région, notamment l’exigence de parler roumain pour ceux qui souhaitent obtenir la nationalité moldave et l'imposition de taxes sur les exportations vers l’Union européenne. Ces décisions s’inscrivent dans une stratégie visant à réintégrer progressivement la Transnistrie sur le plan juridique et économique.
Alors que la Moldavie aspire à une future adhésion à l’UE, ces mesures pourraient s’avérer cruciales à long terme. Bien qu’elle permette la double citoyenneté, Chisinau se réserve le droit de l'annuler en cas de collaboration avec l’ennemi. Dans ce contexte, la situation de la Transnistrie pourrait frôler l’épicentre des tensions géopolitiques de la région.







