Alors que le mouvement MeToo a sensibilisé la société française aux questions d'égalité, le constat est amer : la parité en politique stagne, voire régresse dans certains domaines. C'est ce que révèle le rapport d'Oxfam paru récemment.
Taux de féminisation stable à 28 %. L'index d'Oxfam, qui repose sur 26 indicateurs, scrute quatre sphères de pouvoir : l'exécutif, le parlement, les échelons locaux, ainsi qu'une catégorie regroupant des institutions telles que le Conseil d'État et la Cour des comptes. Le taux global de féminisation reste désespérément figé à 28 %, malgré des élections municipales qui avaient laissé entrevoir de possibles avancées.
Cécile Duflot, directrice générale d'Oxfam et ancienne ministre, déplore cette stagnation. « Aucune amélioration n'est à signaler, même avec le nouveau gouvernement », affirme-t-elle.
A peine 13 femmes préfets. Dans l'analyse des préfectures, la situation est encore plus alarmante. Dans les 101 préfectures françaises, seules 13 sont dirigées par des femmes, un chiffre en chute par rapport aux 21 de l'année précédente. Des régions comme Centre-Val-de-Loire enregistrent un total de 0 femmes maires parmi leurs préfectures.
47 % de femmes au gouvernement, mais... Le gouvernement français affiche un meilleur bilan avec 47 % de femmes, mais ce chiffre cache un recul marquant de leur représentation dans les cabinets ministériels, où seulement 32 % sont des femmes, un déclin de 11 points par rapport à l’an dernier.
Un pouvoir parlementaire en berne. Les chiffres parlementaires sont tout aussi révélateurs : seulement 39 % des députés et 38 % des sénatrices sont des femmes. De plus, les présidences de commissions, généralement dominées par les hommes, affichent encore une disproportion où 87 % des postes reviennent à des hommes.
Un défi au niveau des partis politiques. La représentation des femmes à la tête des partis politiques frôle le ridicule : à peine 10 % des principales formations sont dirigées par des femmes. Cécile Duflot note que cette tendance est due à un système où des hommes, à la tête des commissions d’investiture, choisissent principalement des hommes pour occuper des postes clés.
Malgré quelques points positifs, comme la nomination d'Amélie de Montchalin à la Cour des comptes, cette avancée ne compense pas un général immobilisme. Oxfam appelle une fois de plus les dirigeants politiques à s'engager pour un vrai changement. « Le pouvoir ne doit pas être un privilège masculin », conclut Cécile Duflot.







