Garantir l'indépendance, revendiquer la paix et rajeunir les troupes : c'est sous ces mots que Force ouvrière (FO), la troisième centrale syndicale de France, a renouvelé vendredi dernier la confiance à Frédéric Souillot pour un second mandat de secrétaire général, s'étalant jusqu'en 2030.
Le Comité confédéral national (CCN), véritable parlement du syndicat, a réélu ce Bourguignon, ancien des forces spéciales, avec un impressionnant score de 98,06 % des suffrages, comme confirmé par les sources internes de FO.
Cet acte marque la conclusion du 26e congrès de Force ouvrière, qui s'est tenu à Dijon. L'événement a été ponctué de dialogue et de retrouvailles émouvantes, notamment celles de Cécile Kohler et Jacques Paris, de retour de détention après plus de trois ans en Iran.
La feuille de route adoptée comprend des objectifs ambitieux tels que l'élargissement des membres issus des classes supérieures, un rajeunissement de la base militante, une indépendance affirmée vis-à-vis des partis politiques avec les élections présidentielles de 2027 en ligne de mire, ainsi que la défense des services publics.
- "Un parcours remarquable" -
Lors de son discours, Souillot n'a pas manqué d'attirer l'attention sur le financement des hôpitaux, tout en insistant sur la nécessité de soutenir l'industrie militaire. Cette remarque a suscité des réactions mitigées : "J'ai entendu ‘De l'argent pour l'hôpital, pas pour les Rafale’, mais il faut bien que les deux soient financés !", a-t-il déclaré, provoquant des applaudissements mais aussi des huées.
Fabrice Lerestif, cadre syndical d'Ille-et-Vilaine, a critiqué ce manque de soutien envers les militants condamnés, affirmant que Souillot est "absent des médias". Plusieurs délégués ont fait état de moqueries sur "sa façon de parler, souvent incompréhensible".
Loin de se laisser abattre par les critiques, Souillot a adroitement reconnu ses erreurs passées en affirmant qu'il avait parfois joué le naïf. "J'ai sans doute contribué à cet état de fait en répondant : +Si j'avais été à l'école, j'aurais compris...+", a-t-il avoué avec une certaine pudeur lors d'un entretien avec l'AFP.
Les délégués, au nombre d'environ 3.000, ont également validé les bilans financiers et d'activités du dernier mandat, bien que ces résultats étaient inférieurs à ceux obtenus par son prédécesseur, Yves Verrier, en 2022.
Souillot, au parcours atypique - ancien pâtissier devenu syndicaliste, puis cadre dirigeant - a su gagner le respect de nombreux acteurs politiques, comme l'ancienne Première ministre Elisabeth Borne, qui le qualifie de "partenaire loyal". Son successeur, Sébastien Lecornu, maintient également un dialogue régulier avec lui.
- "Encore plus loin" -
Malgré leur relation professionnelle, les opinions politiques de Souillot restent une inconnue. Déclarant fermement : "Nous sommes tous ici antifascistes, antiracistes, et contre toute forme de rejet", il a répondu aux décorations accordées par une prise de position solide, avant d'aborder les élections à venir sans prendre parti pour un groupe politique particulier.
Concernant l'élection présidentielle à venir, il a confié à franceinfo son intention de rediscuter d'agenda social autonome et de protection sociale collective. Ceux qui connaissent Souillot le décrivent comme un homme déterminé, fixé sur ses priorités : "Développement, développement, et développement" sont les mots d’ordre de cet ancien militaire, dont la devise est : "Encore plus loin".







