L'Union européenne doit apprendre à évoluer de manière autonome et à ne plus s'appuyer sur les États-Unis, même après le mandat de Donald Trump. C'est le message fort qu'a délivré François Hollande samedi dernier lors d’un événement en Ille-et-Vilaine. L’ancien président plaide pour la formation rapide d'une Europe de la défense, constituée de quelques états membres proactifs.
Il est impératif que l'Europe commence à envisager son avenir sans l'appui américain. L'idée d'un monde occidental fondamentalement armé par les États-Unis doit cesser, a-t-il dit.
La déclaration a été faite à l'occasion du Printemps du Souffle breton, événement organisé par le mouvement du président de la région Bretagne, Loïg Chesnais-Girard. Hollande a insisté sur le fait que ce changement est nécessaire, peu importe qui entre en fonction aux États-Unis. Même un président démocrate, aussi souhaitable soit-il, ne sera pas forcément plus coopératif, a-t-il mis en garde.
Un plan d'action : vers une Europe à 6 ou 8
Tout en soulignant l'importance de l'unité, il a déclaré que l'Europe, tout en fonctionnant avec ses 27 États membres pour des questions économiques et budgétaires, doit être prête à créer un groupe plus resserré. "Une Europe à 6 ou 8", a-t-il suggéré, se concentrant sur des pays aux capacités industrielles et militaires avancées, comme l'Allemagne, l'Italie, et les pays scandinaves.
Ces pays, selon lui, devraient se rassembler pour relever des défis contemporains, notamment dans les domaines du numérique, de l'intelligence artificielle et de la défense. Hélène D. de l'Institut Montaigne a ajouté : "Sans initiative, l'Europe risque de perdre son influence sur la scène mondiale". Ce sentiment est partagé par plusieurs experts qui regardent avec inquiétude la répartition géopolitique actuelle en Europe.
Hollande a donc fermé son intervention en appelant à développer une réelle architecture de défense européenne, affirmant que la période actuelle est cruciale pour garantir une plus grande autonomie stratégique.







