La droite française, actuellement morcelée, a un défi de taille à relever pour 2027. Matthieu Hocque affirme que le salut passe par l'émergence d'un candidat unique, ce qui ne sera possible qu'à travers une large primaire. Les partis Horizons, Les Républicains et Reconquête, représentant chacun une facette historique de la droite, doivent s'unir pour faire face à l'échéance présidentielle.
Bruno Retailleau a déjà été désigné officiellement comme le candidat des Républicains (LR). À chaque élection présidentielle, la droite a tendance à chercher le « candidat naturel », une tradition issue de la pensée gaulliste qui s'avère parfois illusoire. Les exemples de Jacques Chaban-Delmas en 1974 et de Jacques Chirac en 1995 montrent que les candidats naturels ne garantissent pas toujours le succès. En revanche, la victoire passe par le rassemblement des trois courants identifiés par René Rémond (légitimiste, orléaniste et bonapartiste), comme l'illustre la coalition « Sarkozy 2007 ».
Recréer la coalition « Sarkozy 2007 », un impératif
Ce n'est pas la quantité de candidats qui détermine la victoire de la droite, mais leur capacité à représenter ces trois courants. L'exemple de Nicolas Sarkozy en 2007, qui a su rassembler un large spectre allant d'Alain Juppé à Philippe de Villiers, contraste avec la fragmentation des candidatures en 1995 qui n'a pas empêché la victoire de Jacques Chirac. L'électorat doit retrouver le goût d'une candidature unifiée, incarnant les différentes sensibilités.
Avant de se préoccuper du « qui ? », il est crucial de définir le « quoi ? ». Ce projet devrait s'articuler autour des valeurs fondamentales de la droite : prospérité, ordre, et méritocratie. Malgré l'apparente faiblesse de la droite, ses valeurs trouvent un écho chez 85 % des Français, qui estiment qu'un vrai chef est nécessaire pour rétablir l'ordre, tandis que 51 % réclament une réduction du rôle de l'État dans l'économie.
D'après les sondages récents, l'ensemble des forces politiques de droite ne représente qu'un tiers des intentions de vote, situation d'autant plus préoccupante face aux défis à venir. Cette dynamique pourrait s'inverser si un projet concret émerge, répondant aux insuffisances tant du macronisme que du lepénisme.
Toutes les autres options conduisent à des impasses
L'alliance avec le centre, souvent perçue comme une nécessité, ne porte plus les espoirs escomptés. Les résultats des élections passées montrent une claire érosion des voix de droite qui étaient autrefois consolidées. En 2017, Emmanuel Macron et François Fillon avaient remporté 44,02 % des voix au premier tour, tandis qu'en 2022, le duo formé par Macron et Valérie Pécresse a chuté à 32,63 %. Une telle tendance, si elle persiste, pourrait avoir des conséquences désastreuses pour l'élection de 2027.
Également, une alliance avec le Rassemblement National pourrait sembler attrayante, mais la tendance actuelle dans l'ensemble de l'Occident montre un plafonnement de la dynamique populiste, comme le souligne l'échec de Viktor Orban en Hongrie ou celui de Donald Trump. La droite doit être prudente dans ses alliances, car la situation actuelle suggère que la forme classique d'un front républicain pourrait, malgré ses faiblesses, toujours fonctionner.
Une primaire ouverte de la droite pour recréer la coalition gagnante
Critiquées à tort après les échecs de François Fillon et Valérie Pécresse, les primaires possèdent trois objectifs fondamentaux : le renoncement parmi les candidats perdants, la dynamique de campagne pour le vainqueur, et la promotion des idées de droite dans l'espace public. Il est impératif d'organiser une primaire ouverte, afin de rassembler toutes les sensibilités de la droite sans exclusion.
Cette démarche ne vise pas seulement à rassembler les barons politiques mais aussi à renouveler le lien avec l'électorat. Le succès en 2027 repose ainsi sur une mobilisation collective, redonnant aux Français l'espoir d'un changement significatif dans leur vie politique.







