Paysagiste, botaniste et professeur émérite à l'École nationale supérieure du paysage de Versailles, Gilles Clément se définit avant tout comme jardinier. Son influence va bien au-delà des cercles spécialisés. Ses travaux ont révolutionné notre compréhension des milieux vivants, en introduisant des concepts essentiels tels que le jardin en mouvement, qui accueille l'évolution naturelle des plantes et du temps, ou le tiers-paysage, qui valorise les espaces abandonnés pour la libre expression de la biodiversité. Son jardin planétaire nous invite à considérer la Terre comme un bien commun dont nous sommes tous les gardiens.

Au musée situé à Pau, l'exposition intitulée "Jardins de papier. Paysages, graphies et utopies" sous la direction de Carlos Ávila, offre une plongée intime dans l'œuvre de Clément. Grâce à des écrits inédits, des projets anciens et des esquisses, elle met en lumière l'évolution de sa pensée depuis la fin des années 1960 jusqu'aux années 1990.
À travers cet entretien, Gilles Clément dévoile le moment clé où il a élargi son approche du jardinage vers une réflexion plus vaste : "Ça a commencé lorsque j'ai eu mon terrain en 1977. J'ai mis du temps à concevoir un jardin qui protège la diversité." Il souligne également l'importance de l'exposition "Le Jardin planétaire" qui, selon lui, a élargi la portée de ses idées sur la gestion des milieux naturels, grâce à des personnalités comme Bernard Latarjet, qui l'ont encouragé à explorer le concept de développement durable sous un nouveau jour.
"La durabilité n'existe pas, tout se transforme en permanence."
Gilles Clément indique que son travail est en constante évolution, et ce dialogue avec le monde de l'art est essentiel. Sa collaboration avec des artistes et des photographes a enrichi sa vision et lui a permis d'explorer des résolutions esthétiques qui transcendent souvent la simple notion de jardinage. Les projets, comme l'île Derborence à Lille ou le jardin du Tiers-Paysage à Saint-Nazaire, sont réclamés, tels des sculptures vivantes.
L'exposition actuelle met également en avant ses dessins et carnets, fruit d'une exploration personnelle. Et c'est avec une certaine nostalgie qu'il évoque ces œuvres, car beaucoup ont été réalisées librement, sans commande, dans un élan créatif oubliée au fil des années. Avec la redécouverte de ces pièces, il se rappelle l'importance de l'improvisation et de l'acceptation d'un brassage planétaire des idées.
À découvrir jusqu’au 30 août au Musée national et domaine du château de Pau, ouvert tous les jours de 9h30 à 11h45 et de 14h à 17h. Tarifs : 8 à 10 euros. Visites commentées sur réservation.







