Les mouvements se intensifient à gauche, à l'approche de la présidentielle dans un an. Les partisans d'une primaire pour élire un candidat commun cherchent à s'unir, tandis que d'autres qui s'y opposent envisagent une forme d'alliance. La France insoumise, dirigée par Jean-Luc Mélenchon, espère mobiliser le soutien autour de sa figure emblématique.
Déjà plusieurs candidatures sont déclarées et des figures pressenties sont en lice, mais aucune personnalité ne semble se révéler comme le choix unique. Tous prennent conscience que se présenter divisés risque de nuire une fois de plus à la gauche en l'excluant du second tour.
Les stratégies divergent, et aucune d’entre elles n’envisage un rassemblement complet de la gauche derrière un candidat unique, bien au contraire. Une première partie avance l'idée d'une primaire dite unitaire de la gauche et des écologistes, lancée l'année dernière à Bagneux et confirmée récemment à Tours, la date butoir étant fixée au 11 octobre.
Aux manettes, Marine Tondelier, la cheffe des Écologistes, soutenue par les députés Clémentine Autain (L'Après), François Ruffin (Debout !) et l'ancienne candidate à Matignon, Lucie Castets, sans oublier Olivier Faure, le leader du Parti socialiste. Ce dernier est convaincu qu'une alliance dès le premier tour avec les écologistes et les communistes est l'unique moyen d'éviter une prolifération de candidatures.
Cependant, ses opposants l'accusent de vouloir simplement gagner du temps ; d'après eux, il sait qu'une primaire n'aura pas lieu et, en tant que candidat potentiel, il peine à briller dans les sondages. Marine Tondelier, de son côté, a insisté sur le fait que les Écologistes ne soutiendront un autre candidat que dans le cadre d'une primaire.
François Ruffin, qui a déjà lancé sa campagne, menace également de se lancer seul. Un meeting initial des partisans de cette dynamique est prévu le 5 mai, mais la présence d'Olivier Faure reste incertaine, tant cette possibilité est contestée par ses détracteurs, qui la jugent comme un échec pour la gauche.
Les communistes, ainsi que leur leader Fabien Roussel, qui envisage une nouvelle candidature, rejettent aussi cette option, tout comme Raphaël Glucksmann, le chef de Place publique, qui, bien qu'il n'ait pas encore annoncé sa candidature, figure parmi les noms les plus en vue à gauche, se positionnant comme le vote utile sur une ligne pro-européenne et sociale-démocrate.
Boris Vallaud, le chef des députés socialistes, demande une désignation rapide d'un candidat socialiste, cherchant à explorer des alternatives à la primaire. Il a réuni plusieurs personnalités influentes autour d'un dîner à Paris en février dans le but de bâtir un consensus pour une candidature commune, qui pourrait bien être celle de Vallaud ou Glucksmann.
Une tribune conjointe est également en préparation pour contrer les supports des partisans de la primaire. L'entourage de Vallaud explique qu'il cherche à offrir une alternative visible aux projets en cours.
Pour les partisans de Faure, Vallaud apparaît surtout comme un pion destiné à favoriser Glucksmann ou même François Hollande. Bien qu'Hollande ne soit pas présent lors de ce dîner, il prône la création d'une grande coalition de gauche réformiste, allant du PS à Raphaël Glucksmann, en passant par l'ancien Premier ministre socialiste Bernard Cazeneuve.
Un proche de Vallaud souligne que l'ancien président pourrait être intéressé par un échec des démarches de rassemblement. Alors qu'une segment des forces de gauche peine à se structurer, Jean-Luc Mélenchon, qui écarte également l'idée de la primaire, s'achemine vers une quatrième candidature. Malgré l’isolement provoqué par des controverses, notamment des accusations d'antisémitisme, il a proposé un rassemblement à destination des Écologistes et des communistes, une offre que ces derniers ont refusée.







