Un rapport tant attendu de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) a révélé que les polluants éternels, connus sous le nom de PFAS, sont jugés « nocifs » et présentent des risques de plus en plus préoccupants pour la santé publique et l’environnement. Cela a conduit à de nouvelles recommandations pour une « restriction large » de ces substances au sein de l’Union européenne, avec quelques « exceptions ciblées ».
Les PFAS, qui se retrouvent dans une multitude de produits du quotidien, des cosmétiques aux emballages alimentaires, sont appréciés pour leurs propriétés antiadhésives et imperméabilisantes. Toutefois, leur persistance dans l’environnement en fait des polluants redoutables, d’où leur désignation de « polluants éternels ».
La Commission européenne envisage d’interdire ces substances dans les articles de consommation courante, à l'exception de certaines applications médicales cruciales. Pour avancer, il lui faut deux avis de l'ECHA, dont le rapport récemment publié et une étude d'impact socio-économique à paraître fin 2023.
Le rapport souligne l’importance de restreindre ces substances, affirmant qu'elles sont « nocives » et peuvent occasionner de graves problèmes de santé tels que des cancers et des troubles de la reproduction. L’ECHA, basée à Helsinki, insiste sur le fait que les PFAS se déplacent dans l’environnement, contaminant les sols et les eaux souterraines.
Pour limiter ces dangers, l’organisme appelle à des mesures réglementaires renforcées au sein de l’UE. Les experts préconisent une « large restriction » tout en suggérant des dérogations dans les cas où il n’existe pas d’alternatives viables. Ce débat entre industriels et défenseurs de l’environnement soulève la question cruciale de l'étendue des interdictions à imposer.
Deux sons de cloche
Au sein de l’ECHA, des divergences d’opinion émergent. Les scientifiques estiment qu’une interdiction totale serait la méthode la plus efficace pour minimiser l’impact des PFAS. Cependant, des experts en économie soulignent que, sans alternatives, cela pourrait ne pas être « proportionné ». En attendant, ils recommandent une séparation claire des produits contenant des PFAS et la mise en place de plans spécifiques de gestion.
Parallèlement, l’UE a déjà pris des mesures à l’échelle sectorielle. Depuis janvier 2023, il existe un seuil maximal pour certains PFAS dans l'eau potable, et des législations sur les emballages alimentaires et les jouets sont à l’étude. Des normes strictes seront mises en place d'ici 2030, au moment où ces polluants seront complètement interdits.
Un coût colossal pour dépolluer
La France a anticipé ces évolutions en interdisant certains PFAS dans les vêtements et cosmétiques depuis janvier, malgré les critiques sur le retard de l’UE face aux lobbys industriels. Jessika Roswall, la commissaire européenne à l’environnement, a reconnu les « discussions difficiles » autour de ces produits. Elle a salué la première conclusion des experts en affirmant : « Nous soutenons la transition vers un abandon des polluants éternels.»
Un rapport récent indique que le coût de la dépollution pourrait varier entre 330 et 1 700 milliards d'euros d’ici 2050, en fonction des mesures adoptées pour protéger la santé et l'environnement européens.







