Un alibi mortel : le YouTubeur et le meurtre de sa compagne enceinte

Un meurtre orchestré avec une fausse vidéo : la terrible histoire de Stephen McCullagh.
Un alibi mortel : le YouTubeur et le meurtre de sa compagne enceinte
Natalie McNally était enceinte de trois mois quand elle a été violemment tuée par son compagnon, Stephen McCullagh. Capture Youtube

Il pensait avoir tout prévu. En diffusant une vidéo de jeu vidéo enregistrée à l’avance, Stephen McCullagh, un YouTubeur britannique résidant à Lurgan, en Irlande du Nord, croyait se forger un alibi infaillible. Trois ans plus tard, la justice a révélé un scénario terrifiant, impeccablement conçu pour dissimuler le meurtre de sa compagne enceinte, Natalie McNally.

Le 18 décembre 2022, à 18 heures, McCullagh annonce à ses milliers d'abonnés une soirée de streaming qui, d'apparence, semble innocente. La vidéo, diffusée en temps réel, l'affiche en train de jouer agréablement, de plaisanter et de boire, tout en promettant de "ne pas quitter la maison". Toutefois, un détail suscite des interrogations : il prétend avoir un problème technique l’empêchant d’interagir avec ses fans. La vérité, révélée plus tard, est que cette diffusion n’était pas en direct, mais préenregistrée.

Quatre jours plus tôt, McCullagh avait concocté ce faux streaming, projetant de traverser la ville incognito, camouflé sous des vêtements sombres, pour se diriger vers chez sa compagne, comme l’a rapporté BBC.

Peu après 20h50, Natalie, qui avait récemment annoncé sa grossesse à McCullagh, devenait la victime d'une agression brutale. Elle fut poignardée, étranglée et frappée à plusieurs reprises. Ce crime horrible se déroula en moins d'une heure, après quoi McCullagh, ayant changé de vêtements, repartit chez lui, partiellement capturé par des caméras de surveillance. À son retour, peu après minuit, il stoppa la diffusion de la vidéo et effaça le fichier original, pensant avoir échappé à tout soupçon.

"Il faut que je tue cette sa**pe"

Durant la diffusion, pendant que se déroulait le meurtre, des propos glaçants prononcés par McCullagh seront analysés par les enquêteurs. En jouant à un jeu où il doit éliminer un personnage féminin, il chantait : "Il faut que je tue cette sa**pe, il faut que je la fasse tomber", mentionnant même son prénom, "Natalie". Jamais il n'expliquera ces mots, comme l’affirme The Guardian.

Le lendemain, il feignit de découvrir le corps de sa compagne en s’inquiétant de n’avoir pas eu de nouvelles. En pleurs au téléphone avec les secours, il évoqua "du sang partout" et tenta de lui porter assistance, mais sans succès. Lorsqu'il s’adressa aux policiers, il désigna un ancien partenaire de la victime comme le probable auteur du meurtre, s'appuyant sur l’alibi de la vidéo, qui prétendait le montrer chez lui au moment critique.

Initialement, les forces de l’ordre lui accordèrent du crédit. Il fut brièvement arrêté puis relâché, et à Noël, on lui annonça qu’il n’était plus soupçonné.

Un plan parfait qui s'écroule

Pendant des semaines, McCullagh joua le rôle du compagnon affligé, participant aux funérailles et réalisant montages commémoratifs, tout en enregistrant, à l’insu de la famille de Natalie, des conversations pour s’assurer qu’il n'était pas suspecté. Toutefois, ce jeu d’acteur ne dura pas. Les analyses informatiques révélèrent que sa prétendue diffusion en direct était, en réalité, une vidéo préenregistrée. Les recherches minutieusement préparées et les images de surveillance démasquèrent ses déplacements.

Au procès, l’accusation souligna la sophistication et le froid calcul présidant à son plan. McCullagh, 36 ans, choisit de ne pas témoigner et continua de nier les accusations sans fournir d’explications sur son imposture. L'enquête établit que Natalie avait des échanges avec d'autres hommes avant sa mort et envisageait une séparation. Par ailleurs, le passé de McCullagh, déjà incriminé pour des faits de violence envers une ancienne compagne, fut mis en lumière pendant le procès.

Le 23 mars 2026, après cinq semaines d’audience, le jury déclara McCullagh coupable de meurtre.

Derrière l’apparence d'une vie numérique, les enquêteurs révélèrent des mensonges en cascade. Son alibi virtuel, conçu comme un écran de fumée, devint la pièce maîtresse de sa chute.

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