Les conséquences du conflit au Moyen-Orient perturbent de nombreux secteurs à travers le globe. Un état des lieux des industries les plus touchées.
Le transport aérien en crise, les vacanciers à l’incertitude, l'approvisionnement en engrais en panne… Un mois après le début de l’escalade militaire lancée le 28 février par les forces israélo-américaines contre l'Iran, les répercussions se font sentir bien au-delà de la zone de conflit. Voici un aperçu des domaines les plus affectés.
Le transport aérien en déroute
Depuis le début des hostilités, la compagnie Qatar Airways a annulé plus de 91 % de ses vols, tandis qu'Etihad a réduit ses opérations de près de trois quarts et Emirates a arrêté quasiment la moitié de ses desservies, comme l'indique le spécialiste des données aériennes Cirium. Bien que les entreprises aériennes de la région ne représentent que 9,5 % des capacités mondiales, la portée de cette crise est considérable, car elles assurent de nombreux vols long-courriers.
De surcroît, le secteur aérien est particulièrement affecté par la montée fulgurante des prix du kérosène, qui ont doublé par rapport à ceux d’avant le conflit. Cela entraîne de nombreuses compagnies à augmenter le coût des billets ou à réduire leurs opérations pour préserver leurs marges, mettant davantage de pression sur un secteur déjà éprouvé.
Le transport maritime à l'arrêt
Le transport maritime, qui gère plus de 80 % des échanges commerciaux mondiaux, subit également de plein fouet l’augmentation du coût de l’énergie, avec une hausse de 20 % des prix du carburant pour la marine marchande. Les lignes entre l’Asie et l’Europe, notamment celles empruntant le détroit d'Ormuz, sont particulièrement paralysées, comme l'indique Cyrille Poirier Coutansais du Centre d’études stratégiques de la marine.
Treize porte-conteneurs de CMA CGM se retrouvent bloqués dans ce détroit, entraînant de longs détours pour d'autres navires, ce qui augmente considérablement les délais de livraison dans un contexte où le commerce mondial est déjà fragilisé.
L'impact sur le tourisme
Les prévisions concernant le secteur du tourisme sont inquiétantes. Selon Oxford Economics, si le conflit se termine rapidement, les arrivées de voyageurs au Moyen-Orient pourraient chuter de 11 à 27 % d’ici 2026, au lieu de connaître une croissance de 13 % comme initialement prévu. De surcroît, la région, qui constitue un carrefour aéroportuaire crucial, représente 14 % du trafic mondial de transit. Les retombées pourraient même toucher des destinations en dehors de la région, estimant jusqu’à 116 millions de visites perdues à l'échelle globale à cause des tensions actuelles.
Les conséquences sur le marché du luxe
Le marché du luxe, fortement influencé par le tourisme dans la région, subit une contraction brutale. En mars, les ventes devraient être réduites de moitié, principalement en raison de l'absence de visiteurs, comme l’indiquent les analystes du cabinet Bernstein.
Les défis pour l'agriculture
La zone du Golfe joue un rôle critique dans la fourniture mondiale d'engrais, représentant environ 30 %. Cependant, cette année, des perturbations dans la chaîne d'approvisionnement entraînent une flambée des prix des engrais, affectant directement les cultivateurs européens et d'autres régions comme l'Afrique, déjà vulnérable.
Malgré des stocks temporaires, la question de l'approvisionnement se posera rapidement. Les coûts des autres ressources essentielles comme le gazole, pour le fonctionnement des machines agricoles et le chauffage des serres, continuent d’augmenter, créant une pression supplémentaire sur le secteur déjà éprouvé.







