« Nous envoyons un signal fort au reste du monde : l’amitié et la coopération comptent encore plus en période de turbulences. » C’est ainsi que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a salué, le 24 mars à Canberra, la signature d'un accord de libre-échange entre l'Australie et l'Union européenne (UE). Ce nouvel accord vise à renforcer non seulement les échanges commerciaux, mais aussi la coopération en matière de défense, tout en améliorant l'accès européen aux minéraux critiques australiens.
Avec cet accord, l'UE s’attend à accroître ses exports vers l'Australie d'un tiers au cours des dix prochaines années, avec une augmentation particulièrement marquée de 50 % dans les secteurs des produits laitiers et de l'automobile. Ce développement s'inscrit dans le cadre d'un accord finalisé après huit ans de négociations, et contre toute attente, les points sensibles comme l'utilisation d'appellations géographiques européennes par l'Australie ont trouvé une issue favorable.
Les viticulteurs australiens pourront utiliser le terme « prosecco » sur le marché intérieur, mais devront abandonner cette appellation pour l'exportation au bout de dix ans. Par ailleurs, les constructeurs automobiles européens auront la possibilité de bénéficier d'un relèvement de la taxe australienne sur les voitures de luxe pour les véhicules électriques, facilitant ainsi leur accès à ce marché.
Hausse des importations de bœuf australien
En ce qui concerne l'importation de viande bovine, le quota autorisé pour le bétail australien dans l'UE sera multiplié par dix dans la prochaine décennie, bien qu'il reste en dessous des attentes des éleveurs australiens. Ce quota, désormais fixé à 30 600 tonnes, inclura 55 % de viande d’animaux nourris à l’herbe exemptée de droits de douane. Il sera plafonné durant les cinq premières années, avant une pleine application.
De même, l'UE ouvrira ses portes à 25 000 tonnes de viande ovine et caprine, avec une mise en œuvre progressive sur sept ans. Cet accord devra encore recevoir l'approbation du Conseil européen avant d’entrer en vigueur. En 2024, les entreprises européennes ont enregistré 37 milliards d’euros de marchandises et 31 milliards de services exportés vers l’Australie.
En outre, l'accord vise à sécuriser l'accès aux ressources critiques, essentielles pour diverses production comme les batteries ou les panneaux solaires. « L'Australie est un producteur clé d'aluminium, de lithium et de manganèse, des matériaux indispensables à la compétitivité de l'UE. » C'est ainsi que la Commission européenne a décrit l'importance de cette collaboration, en promettant d'améliorer la prévisibilité du marché pour les entreprises européennes.
Enfin, dans un contexte international incertain, les deux parties ont convenu d'une collaboration renforcée sur des questions de défense, notamment la sécurité maritime et la cybersécurité. « Nous nous engageons à renforcer nos efforts face aux défis de sécurité actuels », a déclaré la Commission, soulignant la nécessité d'une approche globale pour faire face aux menaces hybrides et aux ingérences étrangères.







