Le récent déblocage exceptionnel de 400 millions de barils de pétrole n'a pas eu l'impact escompté sur le prix du baril de Brent. Les économistes interrogés par franceinfo estiment que seule la réouverture du détroit d'Ormuz pourrait apporter un changement durable.
Le 11 mars dernier, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a annoncé cette décision, visant à limiter la hausse des prix à la pompe. Le ministre français de l'Économie a ajouté que cette mesure pourrait "contribuer à détendre les prix", avec une libération représentant "environ 20 jours des volumes exportés via le détroit d'Ormuz", selon Emmanuel Macron lors du G7.
Cependant, dans la réalité, l'impact est limité. Thierry Bros, économiste, souligne que "c'est une grosse goutte d'eau afin de gagner du temps". Actuellement, le baril de Brent et son équivalent américain, le West Texas Intermediate, se maintiennent autour de 100 dollars, en hausse de 40 à 50% depuis le début du conflit en février. À son pic, le prix a atteint près de 120 dollars, une montée fulgurante par rapport à 70 dollars quelques heures avant les premières frappes militaire.
Une guerre qui dure, des inquiétudes qui persistent
Les fluctuations des prix restent importantes. Le 17 mars, le baril de Brent a de nouveau franchi la barre des 100 dollars, amplifié par des attaques récentes sur des infrastructures pétrolières aux Émirats arabes unis. Ces événements relancent des inquiétudes autour de l'approvisionnement mondial dans le détroit d'Ormuz, par lequel transite près de 20% de la consommation pétrolière mondiale.
Comme rapporté par franceinfo, toute instabilité géopolitique augmente immédiatement les prix. Le déblocage des stocks, bien qu'il semble prometteur, est insuffisant pour contrer les dynamiques du marché. Jean-Pierre Favennec, consultant et spécialiste en énergie, affirme que "le prix du pétrole est avant tout une anticipation... cela détermine les cours." Cette réalité souligne la complexité actuelle du marché énergétique global.







