L'ancienne présidente argentine Cristina Kirchner a récemment annoncé qu'elle risquait de "mourir en prison" alors qu'elle est jugée avec 85 autres accusés dans une affaire de pots-de-vins présumés. Son procès, qui a débuté en novembre dernier, est considéré par beaucoup comme un procès de longue haleine, déterminant l'avenir politique de l'Argentine.
Âgée de 73 ans et assignée à résidence depuis juin, Kirchner a été condamnée à six ans de prison pour corruption. Lors d'une séance de tribunal à Buenos Aires, elle a qualifié les procédures judiciaires de "pratiques mafieuses entre juges et procureurs" visant à détruire sa carrière politique. Elle a souligné que, dans cette situation, le peuple ne doit pas vivre dans le luxe, mais doit simplement être en mesure de payer son loyer et ses factures.
Le ministère public rappelle que cette affaire porte sur "une association illicite" qui aurait fonctionné entre 2003 et 2015, impliquant des fonds provenant d'entreprises de construction et d'énergie en échange de contrats publics. Selon les enquêteurs, Cristina Kirchner aurait été la principal bénéficiaire de ce système mis en place durant la présidence de son époux, Néstor Kirchner.
Avec ironie, elle a exprimé sa frustration devant le tribunal, disant : "Il semble que maintenant je sois à la tête d'une organisation criminelle regroupant tous les hommes d'affaires argentins ? Vraiment ?". Elle n’a pas manqué d’accuser le président actuel, Javier Milei, de ne pas respecter la Constitution en déclarant qu’il allait la maintenir emprisonnée.
Inéligible et moins en vue, elle demeure une figure politique influente parmi l'opposition. Lors d'un discours au Congrès, Milei a même crié : "Cristina sous bracelet !", exposant encore davantage sa cible favorite dans ce bras de fer politique.
La défense de Kirchner remet en cause les témoignages de certains patrons qui témoignent contre elle, considérés comme des "repentis". Ils établissent une théorie selon laquelle les notes, noms de cette affaire, auraient été falsifiées.
Kirchner a quitté la salle d'audience sans répondre aux questions, dénonçant ce qu'elle décrit comme un "cirque" judiciaire. À l'extérieur, plusieurs centaines de ses partisans se sont rassemblés pour montrer leur soutien. Des banderoles large portant l'inscription "Libérez Cristina" ont été vues, ainsi qu'une détermination marquée au sein de sa défense face à l’accumulation d’appels rejetés devant la justice.
Le cœur de l'accusation repose sur des notes manuscrites saisies, prétendument rédigées par un chauffeur au ministère, détaillant des paiements suspects. En cas de condamnation, elle risque jusqu'à 10 ans d'incarcération. Le procès, qui pourrait durer jusqu'en 2026, prévoit un large éventail de plus d'une centaine de témoins.







