La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) est attendue ce mardi 17 mars 2026 pour rendre un arrêt crucial concernant les sanctions infligées à un policier ayant utilisé du gaz lacrymogène contre Ceyda Sungur en mai 2013. Emblématique des manifestations qui secouèrent Istanbul, la « femme en rouge » juge que la sanction imposée est bien trop légère.
Dans cette journée mémorable de mai 2013, Ceyda Sungur, 27 ans, s'est illustrée dans sa robe rouge, symbolisant la résistance face à la répression sous le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan. Sa célèbre image, prise par le photographe Osman Orsal, capture son impassibilité face à l'attaque policière. Cette scène se déroule sur la place Taksim, où elle participe à un sit-in pour s'opposer à la transformation du parc Gezi en centre commercial.
Ce moment déclenche une vague de contestation contre l’autoritarisme croissant du président Erdogan, mobilisant des milliers de manifestants dans tout le pays. La photographie de Sungur devient le symbole de la lutte pour la démocratie en Turquie, comme le note l'expert en sociologie politique, Dr. Ahmet Yilmaz, qui affirme que « cet événement de 2013 a marqué le début d'une série de mobilisations qui ont révélé les aspirations démocratiques d'une jeunesse désillusionnée ».
Le cliché emblématique de Sungur est réutilisé sous diverses formes, des graffitis aux affiches, et le slogan « plus vous nous gazez, plus nous grandissons » devient un mantra de résistance. La photo est largement diffusée sur les réseaux sociaux, renforçant son statut de figure héroïque de la lutte.
Ceyda Sungur est qualifiée par certains manifestants de "véhiculer la violence de la police contre des citoyens pacifiques". Récemment, après une sanction administrative du policier concerné, suivi d’une condamnation à planter des arbres, elle a fait appel à la CEDH, considérant les conséquences de cette sanction comme insignifiantes.
Dans une interview accordée à CNN, elle a exprimé son inconfort face à sa notoriété soudaine, déclarant : « Ce qui se passe en Turquie est avant tout une révolte populaire. Ce n’est pas l’histoire d'une femme en rouge, mais celle d’un mouvement collectif qui concerne tout le monde. »
Des répressions sanglantes et des arrestations massives
Environ un an plus tard, des milliers de manifestants continuent de se soulever contre l'injustice. Les revendications évoluent, englobant des préoccupations environnementales et des questions sociopolitiques. Le nombre d'arrestations dépasse les 3 000, au milieu d'une répression qui fait des victimes et s’acharne sur les libertés civiles.
Alors qu'Erdogan accédait à la présidence en 2014, il minimisait l'importance du mouvement, le qualifiant d'extrémiste. Aujourd'hui, le souvenir des événements de Gezi rappelle une période de désobéissance civile qui a laissé des marques indélébiles et amorcé un durcissement du régime.
Malgré cela, la lutte pour la justice de Ceyda Sungur continue d'inspirer de nombreux jeunes en Turquie et au-delà, symbolisant le besoin d’un changement dans un pays meurtri par l'oppression.







