Dans le cœur du désert israélien, une quête de paix face à la guerre

Des milliers d'Israéliens fuient le stress urbain pour trouver refuge dans le Néguev.
Dans le cœur du désert israélien, une quête de paix face à la guerre
©OLYMPIA DE MAISMONT, AFP - Des clients attablés à un café de Mitzpe Ramon, le 15 mars 2026

"Souffler un peu, ne plus entendre les sirènes" : Tair Momo, 33 ans, respire la tranquillité dans le désert du Néguev, un endroit devenu prisé depuis le déclenchement du conflit.

Échappant aux grandes villes où les alarmes incessantes signalent les dangers, des milliers d'Israéliens affluent vers Mitzpe Ramon, une station désertique en quête de sérénité.

Surplombant un cratère spectaculaire, cette ville de 5 000 habitants a vu ses infrastructures saturées depuis le début des hostilités le 28 février.

Conseillère scolaire, Tair Momo a dû patienter plusieurs jours pour trouver un logement. "On s'est dit : allons-y", explique-t-elle. "Je suis ici pour fuir le bruit des alertes et profiter de la nature".

- Un refuge en plein désert -

Yaniv Harush, responsable local, souligne que la ville a été relativement épargnée, n’enregistrant qu’une seule alerte depuis le début des conflits. "C'est un sanctuaire de paix", affirme-t-il dans son bureau modeste.

Mitzpe Ramon attire habituellement pour sa beauté naturelle, mais la fréquentation a crû de 80 % dernièrement, avec l'arrivée de près de 2 000 touristes en quête de paix. "Tout est complet !", s'exclame M. Harush.

Sami Elkrnwi, propriétaire de plusieurs hôtels, confirme : "Les affaires vont très bien. Ici, tout est parfait. Il n’y a pas d’explosions".

Ce n'est pas un phénomène nouveau. Après l'attaque du Hamas le 7 octobre, beaucoup avaient également trouvé refuge ici. "Mon hôtel était ouvert, tout était gratuit", se souvient-il.

- Quand le retour nécessite du temps -

Michal Gat, venue passer la journée, partage son vécu. "Nous avons déménagé le jour de la déclaration de guerre, car notre maison n’avait pas d’abri", raconte-t-elle. Bien qu'elle soit loin de Tel-Aviv, ses pensées restent avec ceux qui y sont restés.

Sa fille de 18 ans, Dror, prépare avec ses amis une fête de fin d'année, espérant pouvoir la célébrer en présentiel, malgré le climat actuel.

À Mitzpe Ramon, Haggai Landa, un professionnel du secteur high-tech, se lance dans l'escalade avec ses fils, cherchant à oublier les événements récents. "Nous dormons bien ici, nous avons moins d'anxiété", témoigne-t-il. Bien qu'ils envisagent de retourner à Tel-Aviv, la montée des tensions pourrait les inciter à rester un peu plus longtemps dans ce havre de paix.

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