La police guatémaltèque a annoncé dimanche la libération des otages retenus dans un contexte de mutinerie, qui s’est déclaré samedi dans plusieurs prisons du pays. Les émeutes ont été orchestrées par des membres des gangs Barrio 18 et Mara Salvatrucha (MS-13), qui protestaient contre le transfert de leurs leaders vers des établissements à haute sécurité.
Ces deux groupes criminels, qualifiés de "terroristes" par les États-Unis et le Guatemala, sont notoires pour des crimes tels que meurtres, extorsions et trafic de drogue. Selon le rapport de la police, 45 gardiens et un psychiatre ont été pris en otage dans trois différents établissements.
Dans la prison de haute sécurité Renovación I, située à Escuintla, à environ 75 kilomètres de la capitale, les forces de l'ordre, soutenues par l'armée, sont intervenues pour reprendre le contrôle. Neuf gardiens avaient été retenus prisonniers, mais tous ont pu être libérés sains et saufs.
La police a également neutralisé le chef du gang Mara 18, connu sous le nom de Lobo. Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre des policiers menottant et conduisant Lobo, ensanglanté, en position soumise. Malgré cette opération, 28 otages sont toujours détenus à la prison de Fraijanes, et neuf à Preventivo, toutes deux situées à proximité de la capitale.
Les tensions sont palpables en prison depuis mi-2025, avec de nombreuses émeutes visant à obtenir des conditions de détention plus favorables pour les dirigeants des gangs. Le ministre de l'Intérieur, Marco Antonio Villeda, a fermement rejeté toute possibilité de rétablir des privilèges, assurant que le gouvernement ne cédera pas face aux menaces. "Nous ne pouvons pas permettre aux détenus de faire ce qu'ils veulent en prison", a-t-il déclaré.
Cette situation rappelle les incidents tragiques de l'an dernier, lorsque un gardien a été abattu lors d'une mutinerie. En octobre dernier, un événement marquant a été l’évasion de 20 chefs du gang Barrio 18, provoquant la destitution de plusieurs responsables de la sécurité. Seules six des personnalités évadées ont été recapturées, et l'une d'elles a été abattue lors d'une opération subséquente.
La crise carcérale actuelle souligne les défis élevés auxquels sont confrontées les autorités guatémaltèques dans leur lutte contre la criminalité organisée. Selon des experts, une réforme systémique du système carcéral pourrait être nécessaire pour endiguer les violences, tout en préservant la sécurité des prisonniers et des agents.







