En 2026, l'exploration de la Lune entre dans une phase charnière. Plus de 50 ans après la dernière mission habitée d'Apollo 17, les initiatives se multiplient autour d'une présence durable sur notre satellite. Les enjeux vont bien au-delà de la recherche scientifique, intégrant des aspects industriels et technologiques, avec une volonté affirmée, notamment de la part de l'Europe et de la France, de jouer un rôle essentiel dans cette dynamique.
Les projets actuels témoignent d'une volonté claire de revenir sur la Lune, d'y établir une présence, et de commencer à exploiter ses ressources. Cette ambition est davantage soutenue par des infrastructures dédiées : communication, énergie et mobilité sont désormais des éléments centraux de cette course récente, une nette différence par rapport à l'ère Apollo.
Des missions marquantes avec Artemis
Du côté américain, le programme Artemis II est programmé pour un vol habité autour de la Lune d'une durée d'environ dix jours, prévu pour avril 2026. Cette mission vise à valider les technologies du vaisseau Orion et du lanceur SLS, tout en offrant une plateforme d'alliance internationale avec la présence d'un astronaute canadien dans l'équipage. Toutefois, l'alunissage prévu avec Artemis III est encore un défi non résolu, plusieurs systèmes devant être validés avant cette étape cruciale, ce qui pourrait repousser cette échéance à 2028, comme le précisent certains analystes du secteur.
Les ambitions des acteurs asiatiques
En Asie, la Chine se concentre sur le pôle Sud de la Lune, une région stratégique faisant état de ressources potentielles comme l'eau. La mission Chang’e-7, qui comprend une série d'engins robotiques, devrait être lancée en 2026, affirmant ainsi l'engagement de Pékin dans l'exploration lunaire. L'Inde, quant à elle, prévoit de retourner des échantillons lunaires à travers sa mission Chandrayaan-4, bien que la date de lancement soit encore incertaine et placée entre 2027 et 2028.
Une Europe déterminée
De son côté, l'Europe souhaite transformer sa participation en un atout stratégique. Avec le module de service européen d'Orion, l'ESA joue un rôle significatif dans Artemis. De plus, l'Europe prévoit de déployer une infrastructure de communication lunaire, Moonlight, un projet qui pourrait définir les standards de communication pour les futurs explorateurs, comme l'explique un représentant de l'ESA. La France, par le biais de sa stratégie nationale spatiale, aspire également à renforcer sa position dans cette compétition, avec des projets ambitieux comme le développement de l'atterrisseur Argonaut pour les années 2030.
Enfin, le défi le plus hautement symbolique reste la présence humaine. L'ESA négocie déjà des places pour des astronautes lors de futures missions Artemis, renforçant ainsi l'importance d'une collaboration internationale une fois de plus. Avec l'enthousiasme croissant et les nouveaux enjeux qui se dessinent, 2026 sera sans aucun doute une année décisive dans la conquête lunaire, avec des implications qui iront bien au-delà de notre satellite. Selon un rapport de Le Monde, cette nouvelle course à la Lune pourrait redéfinir la géopolitique spatiale mondiale.







