Les relations entre Washington et Téhéran se détériorent alors que l'Iran est secoué par des manifestations contre l'inflation galopante. Vendredi, Donald Trump a averti qu'il pourrait ordonner l'envoi de troupes américaines pour défendre les manifestants si le gouvernement iranien faisait preuve de violence à leur encontre.
"Nous sommes prêts à intervenir", a tweeté Trump sur Truth Social. "Si l'Iran attaque des manifestants pacifiques, les États-Unis seront là pour les protéger." Sa déclaration a suscité une réaction immédiate d'Ali Larijani, le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, qui a qualifié toute ingérence étrangère de "ligne rouge" entraînant des conséquences désastreuses pour la région.
Les tensions entre les deux nations ne sont pas nouvelles. L'Iran soutient divers groupes armés au Liban, en Irak et au Yémen, et les tensions se sont intensifiées après que les États-Unis ont frappé des installations nucléaires iraniennes en juin, attirant des critiques internationales. Cette nouvelle escalade militaire arrive juste après que plusieurs décès ont été rapportés lors des manifestations en cours, avec au moins six morts liées à la montée de l'inflation, qui atteint 42,5 % en décembre.
Les autorités ont également arrêté plusieurs manifestants, selon des sources des droits humains, remis en question par des ONG comme Hengaw, qui a confirmé l'arrestation de 29 manifestants.
Les récentes manifestations ont commencé à Téhéran avec des commerçants en colère dénonçant la gestion économique du pays. Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a lui-même reconnu la responsabilité du gouvernement dans la crise actuelle, déclarant : "Nous devons trouver des solutions aux problèmes économiques, plutôt que de blâmer les États-Unis ou d'autres pays." Cette reconnaissance des défaillances des autorités contraste fortement avec les discours habituels du gouvernement face aux manifestations.
Les experts mettent en garde contre une escalade qui pourrait mener à une situation désastreuse. "Une intervention militaire des États-Unis intensifierait le conflit et pourrait provoquer des représailles", affirme un analyste basé à Paris. Avec la monnaie nationale, le rial, atteignant un record de 1 400 000 rials par dollar, la situation économique se dégrade rapidement, rendant les produits de base inaccessibles à une grande partie de la population. Les manifestations, bien que moins massives que celles de 2022, représentent néanmoins un signal fort de mécontentement vis-à-vis de la gestion actuelle par le gouvernement.







