Une petite partie des 12.000 personnes évacuées ce week-end est autorisée à regagner son foyer à partir de mardi 7 juillet 2026.
« La situation s’améliore d’heure en heure » dans la lutte contre l’incendie qui a ravagé 4.900 hectares des Pyrénées-Orientales depuis le samedi 4 juillet, a affirmé Eric Belgioïno, directeur des services d'incendie et de secours (Sdis 66), lors d’un point presse.
Les 850 pompiers mobilisés continuent de lutter contre un incendie « dans des zones extrêmement difficiles d’accès », en gérant la quarantaine de kilomètres de lisière qui a conduit à l'évacuation dimanche de 12.000 personnes dans la région des Aspres et à Ille-sur-Têt.
Une infime partie des évacués pourra regagner son domicile à partir de mardi, comme l'a indiqué Pierre Regnaut de la Mothe, le préfet du département, en levant l’ordre d’évacuation pour deux villages, Taulis et Taillet, qui comptent chacun moins de 200 habitants. D’autres résidents de villages environnants pourraient également être autorisés à rentrer chez eux dans les prochaines 24 heures.
Des « feux tactiques » pour maîtriser l’incendie
Depuis trois jours, de nombreux renforts venus des départements voisins et même de Roumanie ont été envoyés pour aider à lutter contre cet incendie. La nuit de lundi à mardi, la situation s'est stabilisée grâce à des contrefeux allumés par les pompiers. Une stratégie de « feux tactiques » a été mise en place visant à « circonscrire, limiter et empêcher la propagation de l'incendie », selon Pierre Regnaut de la Mothe.
Le défi consiste désormais à « tenir » face aux 40 km de lisière « très active », comme l’a précisé le colonel Stéphane Clerc, directeur adjoint du Sdis 66. Bien qu’aucune flamme ne soit visible actuellement, il met en garde sur le fait que « cette apparente sensation de sécurité est un leurre », soulignant l'importance d'un passage d’eau pour les lisières, un processus qui exige du temps et des ressources limitées.
Onze blessés légers, dont sept pompiers
Après deux jours de panache de fumée, celui-ci a disparu mardi après-midi, et l’odeur de bois brûlé a considérablement diminué. Les opérations aéroportées continuent, mais l'accès à Ille-sur-Têt, une commune de 5.000 habitants, reste soumis à des barrages de gendarmerie, tout comme les routes aux alentours. L’impact sur la région est palpable, avec de nombreuses collines noircies et une végétation dévastée.
Ce feu a causé onze blessures légères, dont sept concernent des pompiers, et a endommagé plusieurs bâtiments, notamment une vingtaine de maisons à Rodès. Le niveau de risque d’incendie demeure élevé dans les Pyrénées-Orientales, aggravé par les températures élevées et un phénomène de brise sèche, prévient Charlotte Couture de Météo-France.
Elle souligne qu'il n'a pas plu de manière significative à travers le département depuis plus d’un mois. La vigilance orange canicule est maintenue pour 66 autres départements français, avec des températures atteignant 40 °C après un épisode caniculaire alarmant fin juin.
Six personnes interpellées
Alors que les incendies se multipliquent dans le sud de la France, la gendarmerie a interpellé six personnes « susceptibles d'avoir contribué à des départs de feu », selon les déclarations du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. Il affirme que « La réponse de l'État sera implacable envers ceux qui mettent en danger notre territoire et nos concitoyens ».
Incendies dans la Drôme, le Gard, la Lozère et l'Hérault
En Drôme, un incendie a ravagé 1.400 hectares dans une zone montagneuse et difficile d’accès, sur la commune de Die. Les pompiers craignent de ne pas pouvoir maîtriser tous les fronts de feu, car « les moyens aériens sont toujours limités par les priorités données aux incendies majeurs des Pyrénées-Orientales », a précisé la préfecture.
Au Gard, trois incendies, dont celui de Lédenon (540 hectares), ne sont pas éteints mais sont « sous contrôle et en bonne voie » de l’être, d’après un porte-parole des pompiers. En Lozère, un incendie déclenché par des travaux agricoles a brûlé 200 ha avant d'être contenu, mais n'est pas fixé à ce jour. Un autre feu à Saint-Bonnet-Laval, bien que stagné, a détruit 130 ha.
Dans l'Hérault, l'incendie de Carlencas-et-Levas, qui a touché environ 275 hectares, reste « actif » mais ne progresse plus, selon les dernières informations des pompiers.
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