Le 12 juin, le président de l'Ukraine, Volodymyr Zelensky, a pris une décision décisive en signant une loi retirant au russe son statut de langue protégée. Cette intervention intervient dans un contexte où, malgré la guerre, le russe demeure la langue prédominante pour une portion significative de la population ukrainienne.
Rouslan Stefantchouk, président du Parlement, a déclaré sur Facebook que cette loi répond à l'objectif de défendre l’espace linguistique ukrainien et de respecter les engagements européens de l'Ukraine. "La langue d'un État agresseur ne peut pas bénéficier d'instruments de protection destinés aux langues des peuples autochtones et des communautés nationales," a-t-il martelé, soulignant l'importance de la justice linguistique et de la sécurité nationale en Ukraine.
En retirant au russe les protections prévues par la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, ratifiée par l'Ukraine, le gouvernement ukrainien affaiblit la présence officielle de cette langue. Bien que le russe ne soit pas devenu illégal, les services publics ne seront plus fournis en russe et l'enseignement dans cette langue est désormais contesté.
Un tiers de la population ukrainienne parlait russe avant le conflit
Avant le conflit, près d'un tiers des Ukrainiens utilisaient le russe comme langue principale, en particulier dans les régions orientales et méridionales. Toutefois, depuis le début de l'invasion russe en 2022, de nombreux Ukrainiens ont commencé à abandonner son usage, en partie dû aux sentiments anti-russes croissants.
Des études récentes montrent que l'usage du russe a considérablement chuté, même si la carte linguistique du pays est compliquée par l'occupation de 19% du territoire ukrainien par la Russie. Cette décision de Zelensky fait également écho aux tensions autour de la langue qui avaient alimenté la rébellion en 2014.
Cette réforme linguistique, bien que controversée, s’inscrit dans une volonté claire de redéfinir l’identité culturelle de l’Ukraine dans un contexte de conflit et de consolidation de la souveraineté nationale. Des experts soulignent que cette mesure pourrait renforcer les efforts de l'Ukraine pour se distancier de l’influence russe, bien qu'elle suscite des débats au sein de la population.







