L'ancien médecin rwandais Eugène Rwamucyo, condamné en 2024 à 27 ans de réclusion pour complicité de génocide et crimes contre l'humanité, se retrouve à nouveau devant la cour d'assises de Paris. Ce mardi 9 juin, son procès en appel pourrait avoir des conséquences sévères, puisqu'il risque la réclusion criminelle à perpétuité.
Rwamucyo a été reconnu coupable de son rôle actif lors du génocide des Tutsis en 1994. Selon des sources comme L’Humanité, il est accusé d'avoir relayé les discours incitant à la violence rédigés par les autorités hutus. Un discours prononcé à l'université de Butare le 14 mai 1994, en présence de Jean Kambanda, alors Premier ministre du gouvernement intérimaire, est particulièrement incriminant.
Entre 800 000 et un million de morts en 100 jours
Des témoignages recueillis par des organisations comme la commission indépendante d’enquête de l’ONU indiquent que Rwamucyo aurait directement participé à l'exécution de blessés et à l'enfouissement de corps, visant à effacer les preuves des massacres. La rapidité du génocide, qui a fait entre 800 000 et un million de victimes, a marqué l'histoire comme l'un des plus grands drames humains du XXe siècle.
Alain Gauthier, président du Collectif des parties civiles pour le Rwanda, déclare au Monde que Rwamucyo est un « idéologue » et un « extrémiste de premier plan ». Il reste pessimiste quant à la capacité du médecin à apporter des éléments susceptibles de l'innocenter lors de ce nouveau procès.
Ce procès en appel s'inscrit dans un contexte où le souvenir des atrocités du génocide demeure vivace au Rwanda. Les enjeux de cette nouvelle audience ne se limitent pas à la réduction ou à l'annulation de la peine de Rwamucyo, mais soulèvent également des questions de mémoire et de justice face à l'horreur.







