La présidentielle colombienne a pris un tournant décisif avec la montée d’Abelardo de la Espriella, qui, malgré une campagne marquée par une violence sans précédent, a récolté 43,74 % des voix lors du premier tour. Arrivant juste derrière, le sénateur Ivan Cepeda, héritier de l’ex-président Gustavo Petro, a obtenu 40,90 % des suffrages.
Les résultats ont été annoncés dimanche dernier après un dépouillement rapide. Cela augure d'un second tour au cours duquel les deux candidats devront confrontés leurs visions diamétralement opposées sur l'avenir politique de la Colombie.
Dans une vidéo diffusée depuis Barranquilla, Abelardo de la Espriella a promis de « changer l’histoire de la Colombie pour toujours », provoquant la joie de ses partisans. En revanche, Ivan Cepeda, averti et soucieux de l’avenir du pays, s’est engagé à lutter contre ce qu'il appelle « l’extrême droite fasciste ». Alors que cette élection se déroule dans un climat d'insécurité croissante — des attentats récents avaient déjà causé des pertes tragiques — les tensions restent palpables.
Un contexte de violence
La Colombie connaît une recrudescence de la violence depuis l’adoption de l’accord de paix avec les Farc en 2016. De nombreux leaders communautaires ont été assassinés, les attentats se multiplient et la méfiance s’installe vis-à-vis des résultats du scrutin. Candidats et experts s'interrogent sur la crédibilité des systèmes de vote, certains appelant à une vérification approfondie des résultats.
Des solutions opposées face à la crise sécuritaire
Dans le cadre de leurs campagnes, les deux candidats proposent des stratégies opposées pour contrer la violence endémique. Alors que Ivan Cepeda prône la continuation des négociations de paix avec les groupes armés, de la Espriella, un fervent admirateur de Donald Trump, prône des solutions plus radicales, incluant la construction de nouvelles prisons et des frappes militaires contre les cartels de drogue.
Les experts, comme le professeur Felipe Botero de l’Université des Andes, soulignent que cette polarisation pourrait exacerber les clivages politiques existants et que le futur président devra avoir une approche pragmatique face à cette crise croissante.
L’héritage de Petro, enjeu central
Le président sortant, Gustavo Petro, dont l’héritage est contesté, a élargi les programmes sociaux dans l'un des pays les plus inégaux. Alors que les réformes de Petro sont plébiscitées par une partie de la population, une autre voit en lui le désordre et l’instabilité. Ivan Cepeda mise sur la continuité de ces politiques, mais pour cela, il devra convaincre des électeurs au-delà de sa base traditionnelle.
Les prochaines semaines seront donc cruciales pour déterminer quelle vision l'emportera en Colombie. Les craintes face à l'instabilité politique et la montée de la violence ajoutent une dimension dramatique à cette course électorale que tous les Colombiens suivent de près.







