L'Europe connaît un réchauffement présenté comme "deux fois plus rapide" que la moyenne mondiale, selon le dernier rapport du programme Copernicus, rendu public le 29 avril dernier.
"Les indicateurs climatiques sont préoccupants", a déclaré Mauro Facchini, responsable du programme Copernicus au sein de la Commission européenne. Le dernier état du climat en Europe pour 2025, publié à l'initiative du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT) en collaboration avec l’Organisation météorologique mondiale (OMM), confirme que "l'Europe s'est réchauffée deux fois plus vite que la moyenne mondiale".
En effet, le continent affiche un réchauffement de 0,56 °C sur les trente dernières années, tandis que la planète dans son ensemble a enregistré seulement 0,27 °C, ce que souligne également le CEPMMT sur son site.
Ce phénomène pourrait s'accentuer avec l'arrivée probable d'El Niño, un événement climatique qui perturbe les températures dans le Pacifique, comme l’a mentionné Celeste Saulo, secrétaire générale de l’OMM, bien que son occurrence cette année ne soit pas encore confirmée.
"Une fois de plus, ce rapport nous rappelle que les actions actuelles pour le climat ne répondent pas à l'ampleur de la crise", a déploré l'ONG WWF.
21 jours de chaleur extrême en Scandinavie
"Les vagues de chaleur deviennent de plus en plus fréquentes et intenses", constate le rapport, touchant des régions allant de la Méditerranée jusqu'au cercle arctique. En Scandinavie, le territoire de la Fennoscandie, qui regroupe la Finlande, la Suède et la Norvège, a enregistré l'été dernier sa plus longue période de chaleur, avec 21 jours à 30 °C ou plus, doublant le précédent record.
Les records de chaleur se multiplient : en Turquie, on a dépassé pour la première fois les 50 °C, et en Grèce, jusqu'à 85 % de la population a souffert sous des températures avoisinant 40 °C. Les impacts ont également été remarqués en Espagne, au Portugal et au Royaume-Uni, particulièrement cette année.
De gigantesques fontes glaciaires en Islande
Les glaciers européens, à l'instar de ceux en Islande, ont enregistré une perte de masse significative, marquant la deuxième fonte la plus importante de leur histoire. "Notre planète continuera de perdre des glaciers tout au long du 21e siècle, peu importe le scénario d'émissions", a averti le rapport, touchant potentiellement 2 milliards de personnes dépendantes de l'eau douce en provenance des montagnes. La calotte glaciaire du Groenland a, par ailleurs, perdu 139 milliards de tonnes de glace, élévant le niveau des mers de 0,4 millimètre.
Les océans sont eux aussi affectés, avec un taux record de 86 % des zones marines ayant rencontré des épisodes de chaleur intense. Ces vagues de chaleur impactent gravement la biodiversité, notamment les prairies sous-marines de la Méditerranée, selon Claire Scannell, météorologue en chef au service météorologique irlandais.
Un record de superficie brûlée
Les incendies de forêt ont causé la destruction d'un record de 1,034 million d’hectares, la majorité sur la péninsule ibérique. De plus, les tempêtes et inondations ont provoqué au moins 21 décès et impacté 14 500 personnes, bien que ces événements aient été moins fréquents que par le passé.
Dans un aspect plus positif, la production d'énergies renouvelables a pour la troisième année consécutive dépassé celle des énergies fossiles, atteignant 46,4 %. "Ce n'est toutefois pas suffisant, il faut agir plus rapidement", a déclaré Dusan Chrenek, conseiller au service Climat de la Commission européenne.







