L'Europe fait face à une intensification des événements climatiques extrêmes, selon un rapport publié récemment. Ce dernier met en lumière le fait que le continent se réchauffe à un rythme alarmant, tandis que le phénomène El Niño guette l'horizon climatique, exacerbant les inquiétudes sur l'état de notre planète.
"Les signaux sont préoccupants", affirme Mauro Facchini, responsable de l'unité d'observation de la Terre à la Commission européenne, lors d'une conférence sur les résultats de l'étude.
Émanant du service européen Copernicus sur le changement climatique et de l'Organisation météorologique mondiale (OMM), ce rapport relate que depuis les années 1980, l'Europe a enregistré un réchauffement deux fois plus rapide que la moyenne globale.
Selon Celeste Saulo, secrétaire générale de l'OMM, l'éventualité d'un retour du phénomène El Niño cette année pourrait entraîner des hausses de températures dans le Pacifique équatorial, bien que des prédictions définitives restent à établir.
Le WWF a réagi en soulignant que les efforts actuels en faveur du climat ne suffisent pas face à l'ampleur de la crise que nous rencontrons.
- Vagues de chaleur "fréquentes et graves" -
Les vagues de chaleur deviennent de plus en plus fréquentes et sévères dans pratiquement tout le territoire européen, comme l'indique le rapport, s'étendant de la mer Méditerranée jusqu'au cercle arctique.
Par exemple, la région nordique de Fennoscandie a enregistré une vague de chaleur historique, avec 21 jours à des températures dépassant les 30°C en juillet, un record doublé comparé aux données antérieures.
Les records de chaleur s'accumulent : en Turquie, les températures ont franchi le seuil des 50°C, tandis qu'en Grèce, près de 85% de la population a été affectée par des pics de chaleur atteignant 40°C et plus.
L'ouest de l'Europe a également été frappé, avec des événements marquants signalés dès juin en Espagne, au Portugal, en France, et encore en août, illustrant l'ampleur du phénomène.
- Fonte des glaces inexorable -
Les glaciers européens ont subi une perte de masse nette en 2025, l'Islande ayant enregistré sa deuxième pire fonte après 2005. Les prévisions indiquent que cette tendance se poursuivra tout au long du XXIe siècle, quel que soit le niveau d'émissions, affectant plus de deux milliards de personnes dépendant de l'eau des montagnes.
Le Groenland, étant l'un des endroits les plus surveillés, a perdu 139 gigatonnes de glace l'année dernière, contribuant à une élévation du niveau des mers de 4 millimètres.
- Océans, biodiversité, incendies... -
Les océans ne sont pas épargnés, avec un record alarmant de 86% des zones océaniques ayant connu au moins un épisode de chaleur intense. Ces vagues affectent gravement la biodiversité, en particulier les prairies sous-marines de la Méditerranée, essentiels pour de nombreuses espèces marines, souligne Claire Scannell, météorologue en chef du service météorologique irlandais.
D'autre part, les incendies de forêt ont dévasté un total de 1.034.550 hectares, alors que les tempêtes et les inondations ont causé au moins 21 décès et mis en danger 14.500 personnes, même si leur portée a été moins généralisée que lors des années précédentes.
- Hausse des renouvelables -
Sur une note plus positive, les énergies renouvelables ont, pour la troisième année consécutive, dépassé les énergies fossiles dans la production électrique, représentant ainsi 46,4% du total. Dusan Chrenek, conseiller principal au service climat de la Commission européenne, appelle à une accélération des efforts pour réduire la dépendance aux énergies fossiles.







