Ce dimanche, les Tibétains vivant à l'extérieur de la Chine ont exercé leur droit de vote pour élire leur gouvernement en exil, à un moment crucial où l'avenir de leur communauté se pose, notamment avec l'âge avancé du dalaï-lama, qui a 90 ans.
L'administration centrale tibétaine (CTA), établie en Inde, joue un rôle fondamental pour les Tibétains en exil, surtout depuis 2011, lorsque le dalaï-lama a décidé de céder ses responsabilités politiques à un gouvernement élu.
"Notre vote compte", déclare Tenzin Tsering, un jeune électeur de 19 ans, qui espère que la voix des jeunes sera mieux représentée. "Nous avons besoin de leaders qui reflètent vraiment l'orientation de notre communauté, pas uniquement notre passé", a-t-il ajouté depuis Bylakuppe, une des plus grandes communautés tibétaines en dehors de la région himalayenne.
La CTA se compose de 45 parlementaires : 30 représentant les trois provinces traditionnelles tibétaines, 10 les cinq principales traditions religieuses et 5 le reste de la diaspora. Située à Dharamsala, au nord de l'Inde, elle représente les 150 000 Tibétains exilés dans le monde.
Les votants se déploient dans 27 pays, sans aucun inscrit en Chine. Environ 91 000 électeurs sont enregistrés, dont plus de la moitié résident en Inde, au Népal et au Bhoutan, tandis que d'autres se dispersent principalement aux États-Unis et en Europe, représentant ainsi une petite fraction des six millions de Tibétains au niveau mondial.
Le dalaï-lama, qui vit en Inde depuis sa fuite de Lhassa en 1959 après l'écrasement d'une révolte par les forces chinoises, soutient qu'il reste encore de nombreuses années à vivre. Il a affirmé que son successeur serait désigné selon la tradition après sa mort, en opposition à la volonté de Pékin, qui souhaite imposer son propre candidat.
La Chine, un pays communiste et athée, a affirmé l'année dernière qu'elle devait approuver le successeur du chef bouddhiste. "Le prétendu +gouvernement tibétain en exil+ n'est qu'un groupe politique séparatiste", a ironisé le ministère chinois des Affaires étrangères dans une réponse à l'AFP.
Le premier tour des élections, qui a eu lieu le 1er février, a sélectionné les candidats pour le second tour, qui se tiendra ce dimanche, avec les résultats prévus pour le 13 mai. Le "sikyong" (dirigeant) en fonction, Penpa Tsering, a déjà été réélu avec 61 % des voix au premier tour, un résultat qui lui permet d'éviter un second tour.
Tsering, comme l'ensemble du gouvernement tibétain, n’exige pas une indépendance totale du Tibet, mais adopte une approche de "voie médiane" pour obtenir l'autonomie, en conformité avec l'orientation de longue date du dalaï-lama. Cette stratégie vise à trouver un équilibre dans la relation entre le Tibet et la Chine tout en préservant l’identité culturelle tibétaine.







