Incarcérée durant 17 jours dans un centre de détention américain, Marie-Thérèse, une Française de 86 ans, a récemment retrouvé son foyer en France et partagé son expérience éprouvante avec Ouest-France et le New York Times. Son récit a suscité des réactions jusqu'aux plus hautes instances de l'État.
Originaire de la région nantaise, Marie-Thérèse a été arrêtée le 1er avril à son domicile en Alabama par la police de l'immigration américaine (ICE) en raison de son statut migratoire. Même si elle était là pour rejoindre son époux, un ancien soldat américain, son manque de carte verte a profondément changé sa vie. Auparavant, elle avait vécu une belle histoire d'amour avec Billy, rencontré au milieu des années 1950, avant de le retrouver en 2022. Malheureusement, son décès en janvier dernier a précipité son calvaire.
Enfermée dans une « forteresse »
Elle décrit un réveil brutal ce matin fatidique : des coups de pied à la porte, suivis de l'intervention de cinq agents de l’ICE qui ne lui ont donné aucune explication. Malgré ses tentatives pour leur expliquer qu'elle n'était pas en situation irrégulière, elle a été menottée, vêtue seulement d'une chemise de nuit. Marie-Thérèse raconte qu'elle a d'abord été placée dans une minuscule cellule, avant d'être transférée à la prison de Birmingham, où elle a été contrainte de se changer devant des inconnus.
Dans cette prison, elle a rencontré des détenues issues de milieux divers, ajoutant aux horreurs de la détention que se déshabiller en public a provoqué en elle un sentiment de terreur. Trois jours plus tard, elle a été déplacée vers un autre établissement à Basile, en Louisiane, un lieu qu'elle décrit comme une vraie « forteresse ».
La nuit de son arrivée, Marie-Thérèse a dû faire face à une réalité accablante : cris incessants, odeurs désagréables, douches sans intimité et conditions de vie déplorables. « C’était comme un véritable enfer », se souvient-elle, révélant également des cas de refus de soins médicaux pour des détenues malades.
« C’est du racisme »
Pour Marie-Thérèse, sa force pendant cette épreuve est venue de sa foi, mais aussi du soutien des Sud-Américaines avec qui elle a passé sa détention. « Grâce à elles, j’ai pu tenir le coup. Elles ont aussi des histoires tragiques », explique-t-elle, faisant référence à leur arrestation souvent arbitraire.
Elle considère que ces politiques d’immigration aux États-Unis sont profondément racistes. « Les arrestations se font souvent en raison de la couleur de leur peau », déclare-t-elle, critiquant la stigmatisation systémique présente selon elle dans le système. « Les procédures, les chaînes, le traitement des migrants modernes, tout cela évoque des souvenirs troublants du passé, comme le temps du nazisme ».
De retour en France depuis quelques jours, Marie-Thérèse reste traumatisée par son expérience et ne souhaite pas retourner aux États-Unis. « Le pays de la liberté, c’est une illusion », confie-t-elle, tout en espérant pouvoir un jour se recueillir sur la tombe de son mari, si elle obtient les démarches nécessaires pour officialiser son statut.
Cette histoire en dit long sur les défis contemporains du droit à l'immigration et les injustices présentes dans le système américain. Comme l’a souligné le New York Times, à travers le récit de Marie-Thérèse, se cache un appel à l'humanité et au respect des droits de chacun.







