La révolution nucléaire de la Chine : au cœur de l'ambition atomique

La Chine accélère sa transition énergétique avec une expansion fulgurante des centrales nucléaires.
La révolution nucléaire de la Chine : au cœur de l'ambition atomique

La Chine a franchi une étape décisive dans le secteur nucléaire, transformant son approche en développant ses propres technologies. Contrairement à ses débuts où elle dépendait des imports, elle construit désormais des centrales à une cadence que peu de pays peuvent égaler. L'objectif est clair : devenir l'un des leaders mondiaux en énergie nucléaire civique.

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Une ambition colossale se dessine à travers la multitude de chantiers en cours. La Chine élevera ses capacités en construisant des centrales nucléaires rapidement, avec des milliers de travailleurs sur le terrain. En moyenne, un site est opérationnel en cinq ans, soit deux à trois fois plus vite que les normes françaises. La planification et l’efficacité portent déjà leurs fruits : en l'an 2000, seulement trois réacteurs étaient en activité, tandis que d'ici 2026, le pays comptera 60 réacteurs répartis sur plusieurs sites le long de ses côtes.

Shudong Cao, vice-président de l’autorité nucléaire chinoise, constate : "Nous avons 60 réacteurs en activité et 36 en construction. Actuellement, nous sommes capables d’en produire 50 simultanément." Cette dynamique pourrait permettre à la Chine de bientôt surpasser les États-Unis, qui détiennent pour l’instant 94 réacteurs actifs.

La Chine mise sur une nouvelle génération de réacteurs, 100 % conçue localement : le Hualong-1. "Nous en mettons en service six à huit chaque année", affirme Qing Tang, directeur du programme Hualong. Bien que ces réacteurs soient plus petits et moins puissants que les modèles concurrents, comme l’EPR français, ils sont économiques : le coût de construction d’un Hualong-1 s’élève à 5 milliards d’euros, contre jusqu’à 12 milliards pour un EPR. De plus, un Hualong-1 peut alimenter un million de personnes, alors qu'un EPR couvre jusqu'à 2,6 millions.

Une copie améliorée du modèle français

Le succès du Hualong-1 est en partie attribué à l'expertise acquise grâce aux partenariats internationaux, notamment avec la France. En 2018, la Chine a acquis deux réacteurs EPR, accompagnés d'un transfert de technologie. Xianhe Shang, directeur de la centrale nucléaire de Qinshan, souligne que l'élève a désormais dépassé le maître, affirmant : "Aujourd'hui, je reconnais que la France, avec EDF et Framatome, a joué un rôle crucial dans le développement de notre secteur nucléaire."

Pékin vise désormais à exporter sa technologie à l'international, mais pour l'instant, seul le Pakistan dispose de ses centrales. La fiabilité du Hualong-1 à long terme suscite encore des interrogations quant à sa durabilité dans 40 ou 50 ans. Cette incertitude reste un sujet de débat parmi les experts.

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