Dans une déclaration pleine d'espoir, Peter Magyar a affirmé lundi son intention de gouverner pour "tous les Hongrois", un jour après sa victoire écrasante sur Viktor Orban, un revers significatif pour le président américain Donald Trump, qui avait soutenu Orban avec ferveur.
"C’est un immense honneur d'avoir gagné votre confiance, avec le plus grand nombre de voix jamais obtenu, pour construire une Hongrie libre, européenne, fonctionnelle et humaine", a déclaré le nouveau chef conservateur sur Facebook.
Sur les rives du Danube, lors d’une célébration au cours de la nuit, Magyar a promis à ses partisans que leur vote avait "libéré la Hongrie", sous des acclamations enthousiastes de dizaines de milliers de personnes.
D’après un décompte officiel, Magyar a obtenu 138 sièges sur 199 avec 53,07 % des voix, tandis que le Fidesz d'Orban a décroché 55 sièges avec 38,43 % des suffrages, avec un taux de participation record de 79,50 %.
Viktor Orban a reconnu sa défaite après 16 ans au pouvoir, qualifiant les résultats de "douloureux mais clairs" tout en félicitant le parti gagnant.
Cette défaite retentissante est non seulement un revers pour Orban, qui a présenté son pays comme un modèle de démocratie illibérale, mais également pour les mouvements nationalistes à l'échelle mondiale. Cela affecte tout particulièrement le camp "MAGA" de Donald Trump, qui avait fait de la défense d'Orban une priorité et envoyé son vice-président dérouler le tapis rouge à Budapest.
"C'est une défaite massive pour l'autoritarisme, dont les répercussions vont bien au-delà des frontières hongroises", a commenté le Center for American Progress. "C'est un coup dur pour ceux qui considéraient le modèle d'Orban comme un exemple à suivre, notamment Trump lui-même."
Des dirigeants voisins comme Andrej Babis et Robert Fico, liés à Orban, ont félicité Magyar ce matin, promettant de collaborer avec lui comme ils l'avaient fait avec son prédécesseur.
Des félicitations ont également afflué de toute l'Europe, notamment de la part du président français Emmanuel Macron et du Premier ministre polonais Donald Tusk, qui a exprimé en hongrois : "les Russes, rentrez chez vous", en référence aux liens d’Orban avec Vladimir Poutine.
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a salué le choix européen de la Hongrie. Le chancelier allemand Friedrich Merz a fait remarquer que le "populisme de droite" avait subi une lourde défaite.
Marine Le Pen, la figure de proue de l'extrême droite française, a condamné la satisfaction de l'UE en louant le "courage" d'Orban pour avoir défendu la souveraineté de son pays. Cependant, la victoire de Magyar laisse entrevoir une possibilité de relations plus constructives avec l'UE et l'Ukraine, comme l'a précisé Grégoire Roos, directeur de Chatham House, bien qu'il souligne que cela n'indique pas la fin du populisme européen.
Kiev a même levé son avertissement aux ressortissants hongrois, espérant une normalisation des relations avec leur voisin.
Face aux défis économiques, l’ancien membre du Fidesz doit s’efforcer de rétablir des contre-pouvoirs et d’assurer le fonctionnement démocratique dans un contexte de mécontentement général dû à l'inflation et à la corruption, des problématiques mises en avant par des analystes.
Magyar, qui a réussi en deux ans à constituer une alternative crédible à Orban, se retrouve désormais avec la lourde tâche de redresser un pays dont les lois électorales ont souvent été biaisées. Orban, de son côté, doit composer avec une image ternie, alors que son réseau d'alliances, de la Chine aux États-Unis, passe par des temps incertains avec l'évolution de l'échiquier géopolitique.
L’analyste Bulcsu Hunyadi de Political Capital souligne que, dans un environnement de tensions croissantes, l’image de Trump comme un stabilisateur se fissure, affectant potentiellement l’avenir de ses alliés comme Orban.







