Au 37e jour du conflit au Moyen-Orient, les États-Unis se réjouissent d'avoir réussi à évacuer leur pilote dont l'appareil a été abattu par les forces iraniennes. Toutefois, des spécialistes notent les fautes stratégiques dans la gestion de Donald Trump face à ce conflit.
Robert Malley, dans un entretien avec La Tribune Dimanche, affirme que Trump et le gouvernement israélien ont sous-estimé les répercussions de leurs actions.
Malley souligne : "Avant le début des hostilités, il y avait des doutes sur la capacité à faire face à des frappes aussi intenses. De nombreux responsables aux États-Unis et en Israël pensaient que la répression violente contre les manifestants était un signe de fragilité du régime iranien. Cependant, non seulement le gouvernement est toujours en place, mais il est également capable de contrôler le détroit d'Ormuz, ce qui lui confère un pouvoir économique crucial."
un boulet pour l'économie américaine
L'expert du Moyen-Orient souligne que le régime a évolué vers une structure plus militarisée avec les Gardiens de la Révolution, qui ont été accusés de répression violente contre les populations. Ce groupe est même inscrit sur la liste des organisations terroristes par l'Union européenne.
Il ajoute : "Cette faction est moins disposée à négocier. Ils craignent que la signature d'un cessez-le-feu entraîne une reprise des hostilités dans un futur proche. Leur but est d'augmenter le coût du conflit pour prouver leur détermination depuis le début."
un coût politique et économique
Malley critique Donald Trump pour avoir négligé l'impact politique et économique de cette guerre, qui pourrait s'avérer désastreuse pour les Républicains et son image personnelle. Il explique que l'administration Trump tente de minimiser les conséquences militaires actuelles, alors que des élections législatives approchent.
Des données récentes de RealClearPolitics montrent qu'une majorité des Américains (56,7 %) désapprouve la politique de Trump. Cela représente le taux le plus bas depuis son retour au pouvoir en janvier 2025. Un sondage par Pew Research Center révèle que 61 % des Américains désapprouvent la gestion du conflit par Trump.
la france et l'europe jugées "trop timorée"
Concernant les appels répétés de Trump aux puissances occidentales pour débloquer le détroit d'Ormuz, Malley les qualifie de "trop timorés". Il commente aussi les déclarations du président Macron, qui a jugé "irréaliste" une opération militaire pour libérer cette voie maritime cruciale.
"L'attitude de l'Europe, et plus particulièrement celle de la France, face à cette guerre illégale semble bien timide. Je trouve cependant la réponse de Macron appropriée", conclut-il.
"Trump verse le sang et sème le chaos, et c'est le monde entier qui en souffre. En parallèle, il exige que d'autres rétablissent l'ordre, sous peine de sanctions. La fermeture du détroit d'Ormuz est étroitement liée à cette guerre, une conséquence directe de la situation actuelle. Sa réouverture dépendra largement de l'accord de l'Iran, la principale victime de ce conflit."







