Une affaire d'extorsion numérique prend une tournure tragique. Un couple et leurs accomplices sont accusés d'avoir poussé un homme au suicide, après l'avoir dépouillé, et auraient également tenté de cibler la famille Sarkozy. L'enquête sur cette sinistre machination de cybercriminalité est en cours.
Le couple de malfaiteurs semble avoir semé le désordre dans la vie de leurs victimes : un homme et une femme ont été mis en examen, le 29 mai à Paris, pour des charges incluant "extorsion, tentative d’extorsion, recel, blanchiment et détournement de données".
Les faits remonteraient à juillet 2025, avec des actes se déroulant entre Paris, Angers (Maine-et-Loire) et Bretoncelles (Orne). Les malfaiteurs auraient dépouillé un homme de 37 ans, qui a tragiquement décidé de mettre fin à ses jours en conséquence de cette manipulation.
Un plan méthodique
L'histoire débute sur un site de rencontre où la victime fait la connaissance d’une jeune femme, espérant établir une relation. Selon une source proche de l’affaire citée par Le Parisien, "Au départ, il lui donnera de l'argent volontairement, pensant peut-être construire une liaison amoureuse". Cependant, il ignorait qu’elle était déjà liée à un homme, Ahmed, connu des services de police.
La dynamique change lorsque le compagnon prend les commandes et commence à envoyer des menaces à la victime. En manipulant habilement le jeune homme, les malfaiteurs réussissent à lui soutirer plusieurs dizaines de milliers d'euros, avec l'aide d'un cybercriminel appliquant la méthode 'doxing', qui consiste à exposer publiquement des informations personnelles sur Internet. Cette pratique est sévèrement punie par la loi depuis le 24 août 2021, selon le site du gouvernement.
Le stratagème a fonctionné, mais les conséquences ont été fatales : la victime, acculée par le harcèlement incessant, a écrit une lettre expliquant sa détresse avant de se jeter des falaises d’Étretat, en Seine-Maritime.
L’équipe ne s’arrête pas là
Suite à cet acte tragique, les malfaiteurs auraient tenté de cibler la famille de Carla Bruni, l’épouse de Nicolas Sarkozy, ainsi que leur fille Giulia, âgée de 14 ans. Ils les ont menacées par téléphone, mais ces dernières, ne cédant pas à la pression, ont déposé plainte. L'affaire a été confiée à la brigade de répression de la délinquance à la personne. Grâce aux communications téléphoniques et aux connexions Internet, les policiers ont pu remonter jusqu’à Ahmed.
En février, il a été interpellé près d'Angers et mis en examen, avant d’être placé en détention. Étonnamment, il prétend être la victime et dénie toute accusation d'extorsion, affirmant avoir été manipulé par son entourage. D'autres complices ont également été identifiés, et ils ont été placés en garde à vue à Clichy.







