Après des débats animés à l’Assemblée nationale, la version finale du budget 2026 a vu l'abandon de plusieurs propositions de mesures fiscales sur l'automobile. Parmi celles-ci, des hausses de taxes prévues sur le superéthanol E85 et le durcissement du malus CO2 qui auraient eu des impacts significatifs sur les automobilistes.
1. Fiscalité sur le superéthanol E85
Une des propositions abandonnées concernait le superéthanol E85, un carburant moins cher et produit à partir de betteraves. Le projet initial prévoyait une augmentation de la taxe sur ce carburant, qui aurait dû passer de 12 à 52 centimes le litre d'ici 2028. Ce changement aurait affecté près de 400 000 automobilistes. Selon Dorothée Dayraut, représentante du syndicat automobile Mobilians, cet abandon est une bonne nouvelle, notant que ces carburants sont à la fois économiques et moins polluants. Cependant, l'association Transport & Environment (T & E) exprime son désaccord total. Selon Bastien Gebel, un expert de T & E, le B100, un diesel à base de colza, ne présente aucun bénéfice environnemental en termes de CO2 comparé au diesel classique.
2. Malus CO2
La loi de finances de 2025 prévoyait un renforcement du malus CO2 applicable sur l'achat de véhicules neufs. Initialement, ce malus devait commencer à 98 g de CO2/km en 2028, une mesure qui ne figure plus dans le texte voté. Dorothée Dayraut souligne que, jusqu'à présent, 72 % des modèles neufs sont frappés d'un malus, ce qui renchérit les prix et affecte les ventes. Toutefois, Bastien Gebel critique cette décision, arguant que le gouvernement échoue à maintenir sa trajectoire de décarbonation.
3. Malus masse
Enfin, le malus masse, qui devait viser certains véhicules électriques en fonction de leur poids, a également été supprimé de la version finale du budget. Cette mesure, selon les experts, aurait ajouté une charge financière supplémentaire pour les consommateurs de véhicules électriques, freinant ainsi leur adoption.
En définitive, ces abandons témoignent d'une volonté de ne pas alourdir la fiscalité sur les automobilistes dans un contexte déjà tendu sur le marché automobile. Le gouvernement devra désormais trouver un autre moyen d'atteindre ses objectifs environnementaux tout en tenant compte des inquiétudes des consommateurs.







