Après de vifs débats, les députés ont opposé une fin de non-recevoir à la proposition des socialistes visant à instaurer un nouvel impôt sur la fortune. L'amendement, porté par Philippe Brun, prévoyait d'élargir l'Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI) à la fortune financière non professionnelle, espérant générer 3 milliards d'euros supplémentaires. Toutefois, à une large majorité, le texte a été rejeté avec 98 voix contre 41.
Le gouvernement, arguant que cette mesure pouvait nuire à la stabilité financière des entreprises et au financement public, a exprimé une forte opposition. En effet, Amélie de Montchalin, la ministre concernée, avait déjà mise en garde contre les conséquences d'une telle réforme, préconisant le maintien des règles actuelles pour préserver le rendement de l'impôt actuel.
Ce rejet n'est pas une première. En première lecture, une version modifiée de l'ISF avait été adoptée grâce à une coalition inattendue entre le Parti socialiste, le MoDem et le Rassemblement National. Cependant, le RN a cette fois-ci fait preuve d'opposition, reprochant à la proposition de ne pas exclure la résidence principale, ce qui a été un argument central de leur refus.
Les espoirs des socialistes s'étaient en outre appuyés sur des estimations optimistes ; ils prévoyait un apport de 5 milliards d'euros, contre 2 milliards pour l'IFI actuel, en intégrant notamment l'assurance vie dans le champ d'application. Pourtant, les élus n'ont pas été convaincus par ces projections, et l'opposition a été ferme.
Ce revers intervient alors que le gouvernement a également décidé de supprimer les modifications apportées par le Sénat à la loi sur l'IFI, suivant les recommandations de la ministre Montchalin. Le débat autour de la taxation se poursuit néanmoins, alors que plusieurs voix s'élèvent pour appeler à des réformes visant davantage d'équité fiscale dans le paysage économique français. Selon des économistes, il est crucial d'envisager des solutions novatrices qui permettraient de répondre aux inégalités économiques sans pénaliser les investissements nécessaires à la croissance.
Comme le souligne le quotidien Libération, cette affaire illustre les tensions persistantes autour de la fiscalité en France, où chaque proposition semble s’attirer autant d’alliés que d’adversaires. Le débat sur la justice fiscale, notamment, continue d’alimenter les discussions au sein de l’Assemblée Nationale.







