Les acteurs de l'agriculture biologique tirent la sonnette d'alarme face à la diminution des surfaces cultivées et des exploitations engagées dans cette approche sans pesticides ni engrais de synthèse. Ils visent à augmenter la part du bio à 12% des dépenses alimentaires d'ici 2030, contre 5,8% actuellement.
Quelle stratégie adopter pour relancer le bio ? La Maison de la Bio, une fédération englobant agriculteurs et distributeurs, a récemment publié quinze propositions adressées aux décideurs politiques. Selon eux, l'agriculture biologique constitue une "réponse crédible" aux enjeux de santé publique, de qualité de l'eau, de préservation de l'environnement et de souveraineté alimentaire.
Malgré un regain d'intérêt pour les produits bio, une baisse alarmante des surfaces engagées dans cette production est observée. La Stratégie nationale pour l'alimentation et la loi actuelle cherchent à faire passer la proportion de terre en bio de 10% à 21% d'ici 2030.
La Maison de la Bio souligne que "plusieurs pays européens démontrent déjà qu'un niveau de consommation élevé est possible lorsque les politiques, le secteur économique et les consommateurs collaborent". Christophe Barnouin, coprésident de la fédération, insiste sur l'importance du dialogue avec les politiques et affirme que "le bio est un rempart contre les pesticides chimiques et un garant de nos ressources".
Les propositions incluent des mesures actuellement en discussion au Sénat, telles que la mise en priorité de l'agriculture bio dans les zones de captage d'eau potable. Elles prévoient aussi d'exiger des chaînes de distribution d'indiquer le pourcentage de produits "durables" intégrés dans leurs nouvelles. Par ailleurs, la fédération réclame une "fiscalité ajustée selon l'impact écologique et social" des entreprises et la création d'une interprofession bio.
Elle appelle également à renforcer l'Agence Bio, déjà mise à mal dans le cadre de coupes budgétaires. Cette entité, depuis un changement de gouvernance, évite de prendre des positions sur les questions politiques.
Les recommandations de la Maison de la Bio s'étendent à des mécanismes de soutien à l'agriculture biologique, notamment par le biais de la politique agricole commune (PAC) et par la mise en œuvre stricte des lois existantes pour favoriser les produits bio dans les cantines scolaires.
Enfin, la fédération propose d'étendre l'expérimentation d'une initiative de paniers bio gratuits pour les femmes enceintes et de rendre obligatoire l'éducation à l'alimentation dans les établissements scolaires. Un projet ambitieux, mais nécessaire, pour l'avenir de l'agriculture bio en France.







