Le phénomène des millionnaires continue d’évoluer au niveau mondial. Selon le dernier rapport mondial d'UBS, 2025 a vu naître près d'un million de nouveaux millionnaires, soit plus de 2.680 chaque jour. Alors que les États-Unis concentrent près de la moitié de cette progression, la France se distingue positivement en Europe.
Avec l'ajout de 34.604 nouveaux millionnaires, la France se hisse au sommet de l’Union européenne pour la croissance absolue. Seul le Royaume-Uni fait mieux avec 43.139 nouveaux millionnaires, tandis que d'autres pays tels que l'Espagne (32.707), l'Italie (28.596) et l'Allemagne (24.263) suivent à distance.
Cependant, en termes de croissance relative, la France affiche une progression plus modeste, avec une hausse de 1,5% en 2025. On note que plusieurs pays d'Europe de l'Est, comme la Lituanie (+8%), la Turquie (+6,4%), la Lettonie (+5,7%) et la Hongrie (+5,3%), dominent ce classement.
Actuellement, la France totalise donc 2,388 millions de millionnaires, se positionnant comme le sixième pays au monde à cet égard, juste derrière les États-Unis (23,6 millions), la Chine (5,3 millions), le Japon (2,9 millions), l'Allemagne (2,65 millions) et le Royaume-Uni (2,43 millions).
En Europe occidentale, près de 15 millions de millionnaires résident, représentant un quart de la population mondiale de millionnaires selon UBS. Ainsi, la France constitue environ un sixième de cette élite européenne.
Les États-Unis toujours largement en tête
À l'échelle globale, la dynamique de création de richesse reste largement dominée par les États-Unis, qui ont vu apparaître 441.078 nouveaux millionnaires en un an, représentant près de la moitié de la croissance mondiale. Cela équivaut à plus de 1.200 nouveaux millionnaires chaque jour.
Les États-Unis détiennent à eux seuls plus de 40% des 57,5 millions de millionnaires recensés dans les 56 marchés analysés par UBS.
UBS explique que la création de millionnaires n'est pas seulement liée à la puissance économique d'un pays ou à son niveau de richesse moyenne. D'autres facteurs, comme le taux de propriété immobilière, l'épargne retraite et les incitations fiscales, jouent un rôle déterminant. Ces éléments aident à comprendre pourquoi certains petits pays affichent une forte densité de millionnaires, alors que d’autres, malgré leur taille, voient leur progression ralentir. Néanmoins, la hausse du nombre de millionnaires en France témoigne d'une solidité dans l'accumulation de richesse, plaçant le pays parmi les principaux pôles de richesse en Europe.
Concernant le patrimoine des ménages en France, il a évolué positivement ces dernières années. Ainsi, le patrimoine moyen par adulte s'établit à 341.359 dollars, se positionnant au 14e rang mondial. La France surpasse le Royaume-Uni (292.808 dollars), l'Espagne (306.412 dollars) et l'Italie (279.439 dollars), mais reste derrière l'Allemagne (346.613 dollars). Les différences restent notables avec les pays les plus riches, à l'instar de la Suisse, qui domine avec un patrimoine moyen de 910.382 dollars par adulte.
Le patrimoine médian français supérieur à l'américain
Il est crucial de préciser que le patrimoine moyen ne rend pas compte de la richesse de la population dans son ensemble. En France, le patrimoine médian s'élève à 121.898 dollars par adulte, soit près de trois fois moins que le patrimoine moyen. Cet écart atteste de la concentration de la richesse au sein d’une minorité. Malgré cela, la France est au 14e rang mondial pour le patrimoine médian, dépassant plusieurs grandes économies.
Ce qui est frappant, c'est que le patrimoine médian français est supérieur à celui des États-Unis, qui n’atteint que 68.998 dollars par adulte, alors même que les Américains affichent un patrimoine moyen deux fois plus élevé (696.277 dollars). De même, l'Allemagne, malgré un patrimoine moyen légèrement supérieur, a un patrimoine médian de seulement 53.485 dollars. Autrement dit, la concentration de la richesse est plus marquée aux États-Unis et en Allemagne qu'en France.
Cette meilleure performance de la France en matière de patrimoine médian peut s'expliquer par une proportion élevée de propriété immobilière, un cadre social et de retraite bien développé qui facilite l'accumulation de patrimoine et une distribution des richesses moins inégalitaire que celle observée dans d'autres grandes économies développées.







