Le groupe hôtelier espagnol Meliá a récemment fait savoir qu'il cessait immédiatement toutes ses activités touristiques à Cuba. Cette décision, prise le mercredi 1er mai, s'inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre les États-Unis et l'île communiste, alimentées par un ensemble de sanctions imposées par l'administration américaine.
Dans son annonce, Meliá a précisé que la mesure était le fruit d'une combinaison de facteurs géopolitiques, économiques et sociaux ayant considérablement affecté l'exploitation de ses 15 établissements sur le sol cubain. Bien que l'entreprise n'ait pas cité directement l'administration américaine, il est clair que la pression exercée par Washington a joué un rôle déterminant dans son choix. La chaîne est le plus grand opérateur hôtelier sur l'île des Caraïbes.
"L'impact de cette décision est limité dans la mesure où la grande majorité des hôtels sont actuellement fermés et sans activité en raison des problèmes énergétiques et de la chute de la demande que connaît la République de Cuba", a précisé Meliá.
Un délai maximal fixé par Washington à vendredi
Meliá avait été le premier groupe hôtelier étranger à s'installer à Cuba, suivant l'ouverture du pays au tourisme international après le règne de Fidel Castro, qui avait débuté en 1991. En plus de l'embargo américain qui dure depuis 1962, les restrictions récentes, y compris un blocus pétrolier, compliquent encore davantage la situation économique de l'île.
Washington a fixé au vendredi suivant le délai ultime pour que les entreprises étrangères rompent leurs liens avec le conglomérat Gaesa, qui contrôle une grande partie de l'économie cubaine. D'autres chaînes, telles que Blue Diamond et Iberostar, ont aussi annoncé qu'elles mettaient un terme à leurs activités touristiques à Cuba, signe que la pression américaine est de plus en plus insupportable pour les investisseurs étrangers.
Expert en relations internationales, Jean Dupuis indique que cette série de décisions illustre les défis persistants que rencontre Cuba face aux politiques économiques des États-Unis. Les implications de ces mesures pourraient redéfinir la dynamique touristique de l'île, déjà en difficulté à cause de la pandémie et de l'isolement économique.







