Traditionnellement, les discours de remise de diplômes sont un moment attendu, souvent ennuyeux, où des invités de marque prodiguent des conseils aux diplômés. Cependant, ces derniers ont récemment choisi de manifester leur révolte. Plutôt que de s’ennuyer, ils huent les partisans de l’IA, comme l’indique un article du New York Times.
Lors d’une cérémonie à l’université de l’Arizona, l’ancien CEO de Google, Eric Schmidt, a subi cette réalité de plein fouet. À peine a-t-il mentionné l’intelligence artificielle que les étudiants ont immédiatement réagi par des huées assourdissantes. "L’IA affectera tous les aspects de nos vies" a-t-il déclaré, mais son discours a été largement couverts par des cris de désapprobation.
Crise de la confiance
Eric Schmidt a reconnu la peur qui règne parmi la génération Z étudiants. "Il y a une inquiétude... que l'avenir semble déjà scellé. Que les machines remplacent de nombreux emplois et amplifient des crises environnementales et politiques". Pourtant, ses mots n'ont pas été entendus comme une promesse, mais plutôt comme une menace.
Cette réaction n'est pas unique. À l’université centrale de Floride, les étudiants ont également hué Gloria Caulfield, une dirigeante du secteur immobilier qui qualifiait l'IA de "nouvelle révolution industrielle". L’étudiante Lubin a exprimé au média The Star que "beaucoup craignent que cette technologie soit utilisée pour remplacer des artistes au lieu de les soutenir".
Une source d'exploitation
La perception actuelle de l'IA est largement négative, comme le montre un sondage de Gallup de 2026, où seuls 18 % de la génération Z se disent optimistes vis-à-vis de cette technologie. Près de 50 % croient que ses risques l'emportent sur ses bénéfices. Un autre sondage, cette fois du New York Times, révèle que 47 % des moins de 30 ans jugent l’IA "plutôt négative".
Les jeunes diplômés font face à une dynamique de précarité. Des entreprises utilisent des algorithmes pour décider quel candidat mérite un entretien d'embauche, rendant l'accès à l'emploi encore plus difficile. Les récents licenciements dans le secteur technologique aggravent cette situation, avec près de 120 000 emplois supprimés attribués à l’automatisation.
Réactions politiques et culturelles
Cette défiance gagne aussi l'arène politique. Plusieurs personnalités, de Bernie Sanders à Alexandria Ocasio-Cortez, prônent un encadrement strict des développements technologiques. La comédienne Hannah Einbinder a même qualifié ceux qui conçoivent des intelligences artificielles de "losers".
Même la violence tente de s'immiscer dans le débat. Il a été rapporté qu'un acte violant a visé le domicile de Sam Altman, le directeur d’OpenAI.
Lobbying inefficace
Face à cette opposition croissante, le secteur technologique tente de réagir. Selon Politico, les entreprises d'IA investissent massivement dans le lobbying et les super PACs pour influencer les campagnes électorales. Cependant, ces efforts semblent agir comme un double tranchant, renforçant leur impopularité.
Eric Schmidt, conscient de la méfiance autour de l'IA, pourrait témoigner des inquiétudes exprimées par les étudiants. Il avait lui-même écrit dans une tribune que les Américains voient l'IA comme une nuisance dans leur vie quotidienne.
En fin de compte, alors qu'il appelait les diplômés à "dire oui" à l’intelligence artificielle, les étudiants ont répondu par des cris de désapprobation, affirmant sans équivoque leur rejet de cette technologie !







