En l'espace d'une année, Bruxelles a enregistré pas moins de 25 fusillades liées à l'utilisation de trottinettes électriques comme moyen d'évasion pour les dealers. Dans la capitale belge, ces engins rapides et accessibles en libre-service se transforment en véritables véhicules de délit. Face à cette situation préoccupante, les autorités envisagent des solutions innovantes, comme l'usage de la reconnaissance faciale.
Un incident marquant met en lumière cette dérive : un trafiquant de drogue se filme sur une trottinette, préparant son acte. Selon Jean Spinette, le maire de Saint-Gilles, cet usage détourné des trottinettes s'est installé dans son quartier : "C'est une personne qui vient du deal de là-bas, qui descend pour aller tirer sur des concurrents sur le marché de la drogue. Ils sont véhiculés de manière très rapide en trottinette. Ils peuvent poser le ventre sur la trottinette et tirer."
Utiliser la reconnaissance faciale
À Bruxelles, ces trottinettes sont devenues des outils de livraison de drogue et de transport d'argent liquide, offrant une méthode d'évasion aux trafiquants. "Quand la police arrive, le vendeur n'a rien sur lui, car l'argent et la drogue sont déjà repartis par trottinette", souligne Jean Spinette. Les dealers utilisent également ces véhicules pour entraver les forces de l'ordre, les plaçant sur le chemin. Face à cette situation alarmante, les élus cherchent des solutions pour contrer ce fléau, comme l’enregistrement obligatoire des identités pour utiliser ces engins, afin de dissuader les activités illicites.
Guillaume Burland, responsable d’une flotte de trottinettes en libre-service, s’inquiète des conséquences d’une telle mesure sur l’activité : "Demander un selfie peut entraîner une baisse significative de l’utilisation, car chaque étape supplémentaire peut freiner les utilisateurs." Pourtant, ces trottinettes sont déjà équipées de systèmes de géolocalisation et immatriculées, permettant aux autorités d'accéder aux données en cas de besoin.
La question se pose : les utilisateurs accepteront-ils de partager leur visage avec la police pour lutter contre le trafic ? Un passant suggère : "Si cela aide à stopper les trafiquants, pourquoi pas en discuter ?" Un autre utilisateur, lui, reste réticent : "Ces données seraient à disposition de la police, je ne suis pas trop fan de ça."
Enfin, pour enrayer cette montée du narcotrafic, le parquet de Bruxelles envisage de bannir toutes les trottinettes de la capitale, même pour les usagers innocents. Ce débat soulève des questions essentielles sur l’équilibre entre sécurité et libertés individuelles.







