Entre le 1er et le 20 mai, la consommation de carburants en France a connu une diminution franche de 14 % par rapport à l’année précédente. Ce déclin s'ajoute à une baisse précédente de 11 % observée en avril, conséquence directe de la flambée des prix due au conflit au Moyen-Orient, comme l’a affirmé Roland Lescure, ministre de l’Économie, au micro de Sud Radio.
« Les Français adaptent leur mode de transport : ils pratiquent davantage le covoiturage et augmentent le télétravail », a-t-il ajouté, soulignant que le gouvernement a récemment mis en place un ensemble d’aides d’urgence s’élevant à 710 millions d’euros pour atténuer l’impact de cette hausse des prix.
Depuis le début du conflit, les prix à la pompe ont atteint des sommets, dépassant désormais les 2,10 euros le litre pour le sans-plomb et le diesel. Selon David Amiel, ministre des Comptes publics, les recettes fiscales générées par la vente de carburant ont tout juste augmenté de 10 millions d'euros entre le 1er mars et le 20 mai, car la montée des prix n’a pas suffi à compenser la forte baisse de la consommation.
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a précisé lors d'une conférence de presse que des mesures de soutien ciblées seraient prolongées jusqu’à cet été. Ces aides visent à soutenir les secteurs les plus touchés, comme l’agriculture, le transport, la pêche et le BTP, sans amputer excessivement les fonds publics.
Des initiatives spécifiques seront mises en place, telles que des primes carburant exonérées de cotisations sociales destinées aux employés, et une augmentation des indemnités kilométriques pour les professions particulièrement dépendantes de l’automobile, comme les aides à domicile. Les chauffeurs de taxi souhaitant passer à l’électrique bénéficieront également d’aides à l’achat prévues pour cet automne.
« Nous voulons concentrer nos efforts sur les plus vulnérables », a expliqué Roland Lescure. Il a également répondu aux critiques politiques concernant une éventuelle réduction des taxes sur le carburant, affirmant qu'une approche uniforme d’aides ne profiterait pas à tout le monde, d'autant que le coût de ce conflit pourrait dépasser les 6 milliards d'euros d'ici fin juin, selon les estimations gouvernementales.







