À Couëron, bastion ouvrier situé à l'ouest de Nantes, le défilé du 1er mai a rassemblé une centaine de participants. Parmi eux, Annie, une septuagénaire déterminée qui tire la sonnette d'alarme sur les dangers potentiels d'une remise en question du jour férié instauré pour honorer le travail.
Ce lieu emblématique, l'espace de la Tour à plomb, symbolise l'héritage industriel de la ville, devenant le point d'arrivée idéal pour la manifestation. Avant que les discours syndicaux ne commencent, les participants échangent, à l'image d'Annie, qui porte fièrement deux badges sur son col. L'un, citant Jacques Prévert, dénonce la guerre : “Quelle connerie la guerre !” tandis que l'autre, venant de la CGT, affirme : “Mobilisé.e pour nos droits !”
Pour Annie, le 1ᵉʳ mai est un rendez-vous incontournable : “J'ai participé à toutes les manifestations du 1ᵉʳ mai depuis ma jeunesse, et je trouve déplorable cette volonté de supprimer ce jour férié. C'est une honte ! Nous sommes en train de reculer, et ils s’attaquent à nos acquis.” Elle rappelle que, malgré l'opposition populaire, de nombreux employés, comme ceux des boulangeries et des fleuristes, ont été contraints de travailler ce jour-là, sous le soutien, intriguant, du gouvernement.
“Il y a intérêt à se battre si on veut garder nos acquis”
La septuagénaire espérait voir plus de monde défiler : “Malheureusement, je pense que nous ne sommes pas assez mobilisés. J'ai même demandé à mon fils de se joindre à nous pour montrer son désaccord, mais je n'ai pas eu de réponse...”
Elle reste toutefois inquiète quant à l'avenir : “Si une loi venait à être adoptée pour mettre fin au caractère chômé du 1ᵉʳ mai, où allons-nous ? Peut-être qu’au début, ce serait sur la base du volontariat, mais une fois que c'est établi, il n'y aura plus de retour en arrière. Tous seront forcés de travailler.” En conclusion, Annie souligne avec force : “Je me suis battue toute ma vie et il est impératif de se battre si nous voulons préserver nos droits.”







