Ce mardi, les avocats d'Elon Musk et de Sam Altman vont défendre leurs positions dans un procès qui s'annonce déterminant. Ce conflit tourne autour des accusations de Musk, qui reproche à son ancien partenaire d'avoir dévié OpenAI de sa mission philanthropique originelle, établie lors de sa fondation en 2015.
Après une sélection méticuleuse de neuf jurés lundi, la bataille entre le magnat de la technologie et le PDG de cette entreprise innovante est prête à se intensifier devant le tribunal d'Oakland, au coeur de la Bay Area.
Les premières plaidoiries vont précéder des témoignages attendus, non seulement d'Alman et Musk, mais aussi du dirigeant de Microsoft, l'un des principaux investisseurs d'OpenAI. Cette affaire soulève des interrogations fondamentales sur le contrôle de l'IA et sur les bénéfices qu'elle doit rapporter.
L'épopée débute en 2015, quand Sam Altman réussit à convaincre Elon Musk de s'associer dans la création d'OpenAI, promettant une structure à but non lucratif reposant sur l'idée que la technologie serait mise à la disposition de l'humanité. Musk y injectera près de 38 millions de dollars.
Malheureusement, la situation se détériore entre 2017 et 2018, et la création de la filiale commerciale d'OpenAI en 2019 représente une rupture majeure. À partir de ce moment, Microsoft augmente graduellement ses investissements et atteint aujourd'hui la somme vertigineuse de 13 milliards d'euros, valorisés aujourd'hui à environ 135 milliards.
Dix ans après sa création, OpenAI a augmenté sa valeur à 852 milliards d'euros et se prépare à une introduction en bourse qui pourrait marquer l'histoire. Musk a également créé son propre laboratoire, xAI, récemment intégré à SpaceX, dont la valorisation actuelle dépasse 1.250 milliards d'euros, avec une IPO attendue en juin qui pourrait heurter tous les records.
La juge Yvonne Gonzalez Rogers va devoir trancher des questions cruciales soulevées par Musk. A-t-il raison d'affirmer qu'OpenAI a renoncé à sa mission philanthrope ? A-t-elle généré des gains injustifiés ? Les relations avec Microsoft enfreignent-elles les lois sur la concurrence ?
Musk souhaite non seulement un retour au statut non lucratif d'OpenAI, qui mettrait un frein à l'entrée en bourse, mais il exige également le départ de Sam Altman et de Greg Brockman, ainsi que la rupture des accords avec Microsoft.
OpenAI, en revanche, soutient que Musk était parfaitement conscient en 2017 qu'un virage vers le commercial était impératif pour attirer les investissements nécessaires au développement de l'IA. La société a déclaré que la rupture est survenue en raison du contrôle excessif que Musk souhaitait exercer.
Cette affaire semble motivée par des enjeux personnels, selon OpenAI. En avril, l'entreprise a affirmé que le procès découle d'un désir d'Elon Musk de ralentir la concurrence. Le patron de SpaceX aborde le procès dans une position délicate, puisqu'une partie de ses accusations a été rejetée par la juge, qui a restreint le champ des investigations.
Si le jury et la magistrate tranchent en faveur de Musk, ce sera néanmoins la juge qui déterminera les conséquences juridiques lors de la seconde phase du procès, prévue pour la semaine du 18 mai. Les yeux du monde de la tech sont désormais rivés sur cette affaire qui pourrait redéfinir le paysage de l'intelligence artificielle.







